Show Less
Restricted access

Traces et ratures de la mémoire juive dans le récit contemporain

Series:

Edited By Valentina Litvan and Claire Placial

Ce volume collectif propose une étude comparative sur les traces de la judéité dans la littérature contemporaine. La question initiale est d’explorer en quoi le récit littéraire peut continuer à transmettre une mémoire juive et de quelle mémoire il s’agit. En effet, il interroge la place d’une mémoire juive qui tout en étant historique et collective s’exprime dans les différentes écritures comme étant ancestrale et transmise de multiples façons, notamment à travers l’intertextualité et les livres.

Bien qu’il s’agisse de proposer des lectures de textes littéraires, les approches sont donc interdisciplinaires : on y trouve autant de la sociologie littéraire que de l’histoire littéraire, de la traduction ou encore de la philosophie politique…

Show Summary Details
Restricted access

Une littérature du dibbuk

Extract



Le constat est connu : les périodes de bouleversement historique les plus violentes engendrent, souvent avec quelque retard, une efflorescence de fantômes qui se glissent dans les pages des livres1. Présents en restant absents, vecteurs d’un passé qui ne passe pas mais qui demeure insaisissable, les spectres disent la perte et l’absence sans les réparer. Qu’ils soient collectifs ou individuels, ils empêchent le travail de deuil de se clore et permettent au sujet de garder vives les blessures du passé.

L’après-guerre, en France, n’échappe pas à cette situation où les déportés ont généralement été perçus comme des revenants ou des morts-vivants. C’est Jean Cayrol qui emprunte à la Bible la première figure qui fera date dans le nouvel imaginaire spectral qui germe alors : Lazare2. Figure assurément positive qui rapatrie le spectre dans « une littérature de résurrection3 ». Mais avec les années 60–70, qui font renaître l’iden-tité et la mémoire juives, autour d’oeuvres iconoclastes comme La Danse de Gengis Cohn de Gary4, La Place de l’étoile de Modiano5, La Dispersion de Doubrovsky6 et La Disparition de Perec7, le revenant, plus que le fantôme, se pare des atours d’une autre légende en revêtant, explicitement ou implicitement, les traits du dibbuk8. À savoir ce spectre qui, dans la tradition juive, hante un vivant, et qui est mis en scène dès 1917 dans la pièce éponyme de Shalom...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.