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Traces et ratures de la mémoire juive dans le récit contemporain

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Edited By Valentina Litvan and Claire Placial

Ce volume collectif propose une étude comparative sur les traces de la judéité dans la littérature contemporaine. La question initiale est d’explorer en quoi le récit littéraire peut continuer à transmettre une mémoire juive et de quelle mémoire il s’agit. En effet, il interroge la place d’une mémoire juive qui tout en étant historique et collective s’exprime dans les différentes écritures comme étant ancestrale et transmise de multiples façons, notamment à travers l’intertextualité et les livres.

Bien qu’il s’agisse de proposer des lectures de textes littéraires, les approches sont donc interdisciplinaires : on y trouve autant de la sociologie littéraire que de l’histoire littéraire, de la traduction ou encore de la philosophie politique…

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Être Juif par la re-traduction biblique ? Erri De Luca et Guido Ceronetti, deux « écrivains-traducteurs »

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Erri De Luca, écrivain italien né à Naples en 1950, pourrait être, si l’on reprend l’expression d’Amos Oz et Fania Oz-Salzberger1, « Juif par les mots » car il fait parler yiddish à des personnages juifs rescapés de la Shoah, ressentant toute la culpabilité de la génération née après-guerre, devenant ainsi également « Juif par les maux ». Alors qu’il se proclame « non-croyant » et non athée (car l’a- privatif grec signifierait nier la foi d’autrui2), il s’approprie la tradition de la culture juive, se crée une appartenance juive, re-sémantise la tradition exégétique juive du midrash (qu’il littérarise et cache entre les lignes de ses réinterprétations d’épisodes bibliques3). Guido Ceronetti est un poète, philosophe, traducteur, dramaturge, marionnettiste non-juif, né en 1927 et mort en 2018, reconnu pour ses re-traductions bibliques poétiques. Tous deux cherchent à faire voir, à faire entendre le texte biblique original, notamment dans leur proposition de Qohèlet. Pourraient-ils alors devenir « Juifs par la re-traduction biblique » ?

Nous nous proposons aujourd’hui de confronter ces deux écrivains (traducteurs ?) en analysant les traces du peuple juif laissées par sa langue originelle, par le texte fondateur, en étudiant si les ratures des traductions antérieures permettent de mieux mettre en relief une judéité intellectuelle. Il ne s’agira pas de proposer une pure analyse traductologique mais de tracer deux chemins méthodologiques afin d’étudier la place de cette « traduction » (écriture ?) dans deux oeuvres, dans deux créations bien...

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