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L’image du Soi

Fichte – Feuerbach – Althusser

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Luc Vincenti

Ce livre sur l’identité personnelle se distingue des recherches contemporaines par la présentation des racines de la conscience de soi dans les philosophies modernes de la réflexion et de la subjectivité. Le Soi, comme acte réflexif, est rapproché de l’image laquelle est constituée par le rapport entre ses éléments. Définir la conscience de soi en termes d’image conduit vers la philosophie tardive de Fichte, mais aussi vers Feuerbach qui définit l’essence humaine comme projection d’une image, et vers Althusser reprenant le redoublement spéculaire dans sa critique de l’idéologie. La filiation des trois auteurs n’a jamais été étudiée, on la trouve entre autres dans le dépassement de l’individu ou la dimension universelle de la conscience de soi. Ce parcours permet ainsi de comprendre comment par la défense de l’humanisme pratique et l’inévitable part de l’imaginaire idéologique dans l’engagement social, Althusser rejoint Fichte en refusant la réification de l’idéal au profit d’un dynamisme expliquant et enveloppant l’action morale et politique.

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Chapitre 2. Feuerbach

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Ludwig Feuerbach publie ses œuvres les plus connues entre 1829 et 1848, dans la période d’un post-hégélianisme immédiat mais déjà critique. L’ancien disciple de Hegel – Feuerbach a suivi les cours de Hegel à Berlin de 1824 à 1828 – se fera le maître de cette critique avec son texte de 1839, Contribution à la critique de la philosophie de Hegel185. La périodisation de l’œuvre est, comme c’est souvent le cas, difficile. Si l’on peut dégager un dernier moment, qui, à l’occasion d’un retour sur L’Essence du christianisme (1841 et 1843), défendra le matérialisme, il est difficile de qualifier la période antérieure au texte de 1839 comme hégélienne. L’ouvrage important de 1830, les Pensées sur la mort, est réédité en 1846 avec de nombreux déplacements et ajouts, mais sans bouleversement fondamental. En tenant compte de cette continuité, il est difficile de dire que Feuerbach demeure un idéaliste hégélien jusqu’en 1838. Il présentera lui-même son ouvrage de 1830 comme s’opposant à l’identité hégélienne de la religion et de la philosophie186. Les divergences entre commentateurs manifestent la situation particulière de l’ouvrage de 1830. A. Philonenko187 s’oppose à la figure d’un Feuerbach hégélien. Claudio Cesa, même s’il souligne les distinctions entre Hegel et Feuerbach, les rapporte souvent l’un à l’autre, et commence son ouvrage188 en notant, à propos des Pensées sur la mort, le caractère hégélien de la résorption...

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