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L’image du Soi

Fichte – Feuerbach – Althusser

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Luc Vincenti

Ce livre sur l’identité personnelle se distingue des recherches contemporaines par la présentation des racines de la conscience de soi dans les philosophies modernes de la réflexion et de la subjectivité. Le Soi, comme acte réflexif, est rapproché de l’image laquelle est constituée par le rapport entre ses éléments. Définir la conscience de soi en termes d’image conduit vers la philosophie tardive de Fichte, mais aussi vers Feuerbach qui définit l’essence humaine comme projection d’une image, et vers Althusser reprenant le redoublement spéculaire dans sa critique de l’idéologie. La filiation des trois auteurs n’a jamais été étudiée, on la trouve entre autres dans le dépassement de l’individu ou la dimension universelle de la conscience de soi. Ce parcours permet ainsi de comprendre comment par la défense de l’humanisme pratique et l’inévitable part de l’imaginaire idéologique dans l’engagement social, Althusser rejoint Fichte en refusant la réification de l’idéal au profit d’un dynamisme expliquant et enveloppant l’action morale et politique.

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Chapitre 3. La fabrication du sujet chez Althusser

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Les derniers points sur Feuerbach nous montrent que nombre des thèmes développés par Althusser se trouvent déjà jouer un rôle fondamental dans la déconstruction feuerbachienne, que ce soit la centration de la structure imaginaire, la diastole religieuse présentant le redoublement spéculaire althussérien ou la notion de garantie associée par Althusser à l’assujettissement. Ces points sont importants dans la philosophie de Feuerbach pour elle-même, et l’on peut penser que l’on trouve plus d’Althusser chez Feuerbach que ce qu’Althusser déclarait y trouver lui-même, probablement à cause de la méfiance témoignée envers le concept d’aliénation, bien central dans la philosophie feuerbachienne. La continuité d’Althusser à Feuerbach ne sera donc pas explicitement supportée par le concept d’aliénation mais par celui de sujet, le rapport entre aliénation et sujet étant bien sûr noué dans la notion feuerbachienne de conscience de soi. Comme nous le remarquions ci-dessus299, au début du manuscrit de 1967 Althusser souligne chez Feuerbach trois points (censés constituer les trois parties d’un cours d’agrégation) : 1) la théorie de l’objet comme essence du sujet, qui enveloppe à la fois la théorie du rapport, la vision de l’en Soi à partir de la raison humaine (ce qu’Althusser appelle la théorie de l’horizon absolu) et donc aussi la centration. À propos de la visée de l’essence Althusser ne mentionne pas les Pensées sur la mort de 1830, texte qui est pourtant à l’origine du...

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