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Vous avez dit littérature belge francophone?

Le défi de la traduction

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Edited By Catherine Gravet and Katrien Lievois

La littérature belge francophone constitue un vaste corpus de textes, liés à une langue et, si pas à une « nation », du moins à une aire géographico-sociale donnée. À propos de toutes les traductions des œuvres d’auteurs belges francophones et de leurs conditions de production l’on peut s’interroger : quelles œuvres, quels auteurs sont privilégiés et pourquoi, comment les textes sont-ils traduits et pour qui, par quelles maisons d’édition les traductions sont-elles publiées ? Quelle est la réception critique et l’influence de ces traductions sur la littérature dans la culture d’accueil ? Ce volume rassemble les points de vue de seize chercheurs venus d’horizons différents sur ces traductions d’œuvres écrites par des Belges, quels que soient le genre (littéraire mais aussi sexuel), la langue d’arrivée ou l’époque, autant de facteurs qui les conditionnent.

Avec des contributions de : Catherine Gravet, Katrien Lievois, Maria Baïraktary, Thomas Barège, André Bénit, Mireille Brémond, Béatrice Costa, Juan Miguel Dothas, Marie Fortunati, Claudio Grimaldi, Stéphane Hirschi, Irena Kristeva, Rodica Lascu-Pop Sündüz Öztürk-Kasar, Maria Giovanna Petrillo, Thea Rimini, Fanny Sofronidou et Anja van de Pol-Tegge.

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La traduction de la littérature belge francophone. Introduction: Catherine Gravet & Katrien Lievois

CATHERINE GRAVET & KATRIEN LIEVOIS

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Université de Mons et Université d’Anvers

1830 : née du mariage contre nature du libéralisme économique et des aspirations de la bourgeoisie catholique, la Belgique se dote d’une constitution jugée très progressiste – peut-être paradoxalement puisqu’elle repose sur un suffrage censitaire. Portée sur les fonts baptismaux par les grandes puissances de l’époque, la France et la Grande-Bretagne, qui lui donnent un roi, Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha, elle a pour langue maternelle le français. Le souvenir cuisant de la politique linguistique et religieuse autoritaire du monarque hollandais, Guillaume d’Orange, empêche durant quelques décennies que les néerlandophones utilisent leur langue en justice, dans l’administration ou l’enseignement. Les lois linguistiques du XIXe siècle rectifieront cette injustice mais il faudra attendre la loi d’août 1963 pour que l’allemand, troisième langue nationale, soit reconnue.

Comme toute nouvelle nation indépendante, la Belgique a besoin – et ses gouvernements y œuvrent activement1 – d’une littérature nationale pour construire et cimenter une identité culturelle forte : pendant des décennies, les francophones lettrés s’efforcent de faire vivre ou de ressusciter dans leurs écrits, romans, poésie, théâtre, des thèmes illustrant la devise de la Belgique : « l’union fait la force ». Il faut des modèles ←7 | 8→au jeune peuple belge et Charles De Coster puisera dans la révolte des gueux contre le despote Philippe II, Habsbourg d’Espagne qu’aucun lien affectif n’unit aux Pays-Bas d’alors, le thème...

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