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De Kleist à Döblin

Littérature, Histoire, Politique

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Michel Vanoosthuyse

Cet ouvrage réunit des études sur la littérature de langue allemande écrite à l’orée du romantisme jusqu’au XXe siècle. Le but est d’explorer les rapports complexes entre le texte littéraire de fiction et l’Histoire. Quelques études, moins centrées sur la thématique historique, envisagent le travail littéraire dans sa dimension d’identification et d’interrogation du sujet sur lui-même. Mais quelle que soit la thématique, le texte de fiction est ici compris comme un acte, un processus singulier de connaissance. Aucune différence d’approche n’existe dès lors entre des œuvres définies, par exemple, comme des processus compliqués d’affranchissement des idées révolutionnaires françaises et des textes interprétés comme des quêtes de solution aux problèmes personnels posés par la vie.

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Moritz et son patient

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À l’époque où il écrit Anton Reiser (1785–1790), Moritz se livre dans le Magazin zur Erfahrungsseelenkunde à diverses considérations psycholinguistiques sur les pronoms je, tu, il, et leurs relations avec la personne. Il convient, pour le propos qui va suivre, de les rappeler :

Par le tu nous attribuons à l’arbre une personnalité, ou nous le considérons pour ainsi dire comme un humain ; nous ferions la même chose par le mot je, si nous le faisions parler ; et par il, si nous parlions de lui comme d’une personne absente (Magazin, II/2, p. 185).

La deuxième personne et la première confèrent une qualité humaine à l’objet inanimé auquel on s’adresse ou auquel on prête une parole ; la troisième aussi, mais avec cette différence qu’elle est « absente », alors que les deux autres sont impliquées en tant que telles dans l’échange. Cette différenciation est une intuition de Moritz qui n’est pas éloignée de la description des « relations de personne dans le verbe » que propose Benveniste :

La forme dite de la 3e personne comporte bien une indication d’énoncé sur quelqu’un ou quelque chose, mais non rapportée à une « personne » spécifique […]. C’est « l’absent » des grammairiens arabes […]. La conséquence doit être formulée nettement : la « 3e personne » n’est pas une personne, c’est même la forme verbale qui a pour fonction d’exprimer la « non-personne »20.

Les réflexions linguistiques de Moritz trouvent un prolongement dans...

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