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De Kleist à Döblin

Littérature, Histoire, Politique

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Michel Vanoosthuyse

Cet ouvrage réunit des études sur la littérature de langue allemande écrite à l’orée du romantisme jusqu’au XXe siècle. Le but est d’explorer les rapports complexes entre le texte littéraire de fiction et l’Histoire. Quelques études, moins centrées sur la thématique historique, envisagent le travail littéraire dans sa dimension d’identification et d’interrogation du sujet sur lui-même. Mais quelle que soit la thématique, le texte de fiction est ici compris comme un acte, un processus singulier de connaissance. Aucune différence d’approche n’existe dès lors entre des œuvres définies, par exemple, comme des processus compliqués d’affranchissement des idées révolutionnaires françaises et des textes interprétés comme des quêtes de solution aux problèmes personnels posés par la vie.

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Le roman historique, façon Döblin

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Il y a aussi des romans non conformistes sur les révolutions : mieux vaut ne pas en parler pour éviter qu’on les lise. Roman neuf sur un sujet pas si ancien en 1937, Novembre 1918 d’Alfred Döblin a longtemps connu le sort qu’on réserve généralement à ce qui dérange. Commencée en 1937 pendant l’exil français, achevée en 1943 en Amérique, cette œuvre, primitivement conçue en trois parties, dut attendre 1948 pour commencer à être publiée, mais amputée d’une partie d’elle-même : le début, qui se joue en Alsace, n’était pas du goût des autorités françaises. L’ensemble ainsi réduit ne fut pas du goût de la critique allemande, qui fit silence ou fit la moue : si écrire un roman historique, c’est faire parler les morts, il en est de peu présentables – Rosa Luxemburg donnait encore le frisson au bon bourgeois – ou de mal présentés – une Rosa mystique, pas possible. On eut, à l’Ouest, recours à l’arsenal traditionnel de la critique élégante et bien-pensante : un roman politique n’est pas un roman. Dira-t-on que Guernica n’est pas une œuvre d’art ? Une étude d’ensemble expédie cette somme en quelque pages, sur l’air bien connu de grandeur et décadence : Berlin Alexanderplatz est un sommet ; après, plus rien ou presque. Exit Döblin.

Il faut attendre 1978 et le centenaire de sa naissance pour disposer d’une édition complète du roman. Il...

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