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De Kleist à Döblin

Littérature, Histoire, Politique

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Michel Vanoosthuyse

Cet ouvrage réunit des études sur la littérature de langue allemande écrite à l’orée du romantisme jusqu’au XXe siècle. Le but est d’explorer les rapports complexes entre le texte littéraire de fiction et l’Histoire. Quelques études, moins centrées sur la thématique historique, envisagent le travail littéraire dans sa dimension d’identification et d’interrogation du sujet sur lui-même. Mais quelle que soit la thématique, le texte de fiction est ici compris comme un acte, un processus singulier de connaissance. Aucune différence d’approche n’existe dès lors entre des œuvres définies, par exemple, comme des processus compliqués d’affranchissement des idées révolutionnaires françaises et des textes interprétés comme des quêtes de solution aux problèmes personnels posés par la vie.

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D’Orages d’acier au Travailleur: Naissance d’un fasciste

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Les récits de la Grande Guerre constituent le premier ensemble important de l’œuvre de Jünger. Le récit le plus fameux, Orages d’acier, est publié à compte d’auteur en 1920 ; suivent La guerre comme expérience intérieure en 1922 et en 1925 deux récits, Feu et Sang et Le Boqueteau 125, qui développent chacun une des séquences d’Orages d’acier. Chacun de ces récits connaît ensuite un nombre impressionnant d’éditions. Dans les années 1970 en Allemagne, on ne compte pas moins de 27 éditions d’Orages d’acier (et 8 versions différentes), ce qui représente à la date quelque 270 000 exemplaires ; soulignons le bond quantitatif sous le IIIe Reich, puisqu’on passe de 57 mille exemplaires tirés et vendus en 1934 à 150 000 en 1937, c’est-à-dire plus en trois ans de nazisme qu’en 25 ans d’après-guerre : ce chiffre parle. Il faudra essayer de comprendre ce qu’il dit. La guerre comme expérience intérieure est à sa 8e édition en 1940 et le Boqueteau à sa 7e. La littérature de guerre allemande dans les années 1920, 1930, 1940 est un genre à succès, mais indiscutablement, ne serait-ce que par son volume et par son retentissement, celle de Jünger constitue un ensemble sans équivalent.

Encore ne s’agit-il là que de récits de guerre stricto sensu. Mais on aurait une vue tronquée des relations de Jünger à la Grande Guerre si l’on s’en tenait là. Veut-on...

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