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La recherche-création littéraire

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Edited By Violaine Houdart-Merot and Anne-Marie Petitjean

La recherche-création en littérature est un domaine particulièrement innovant, amené à renouveler les études littéraires. Il s’agit non seulement d’aborder la recherche en littérature par la pratique et l’expérimentation, mais de considérer que la littérature est en elle-même recherche : on passe ainsi d’études sur la littérature à des recherches par la littérature. Cette approche est récente dans le domaine de la littérature en France et a débouché sur la création de masters et de doctorats. En revanche, cette discipline est bien plus ancienne aux États-Unis et au Canada, où est née l’expression « recherche-création » pour les différents arts.

La comparaison internationale invite ainsi à identifier un champ de recherche spécifique. Comment se caractérise la « recherche-création » dans le domaine de la littérature ? Quels en sont les enjeux et les fondements théoriques ? À quels débats donnent lieu ces nouvelles pratiques de la recherche ? Répondent-elles aux mêmes finalités dans tous les pays ?

Dans une perspective internationale et comparatiste, cet ouvrage rassemble des contributeurs·rices des États-Unis, du Canada, du Brésil, de Grèce, de Suisse et de France. Il permet de confronter points de vue, réflexions et témoignages d’universitaires, d’écrivain·e·s, de docteur·e·s et de doctorant·e·s.

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Penser l’œuvre de création comme un espace théorique de réflexion (Céline Huyghebaert)

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Céline Huyghebaert

Abstract: Céline Huyghebaert invite dans le champ de la recherche-création des pensées qui n’en ont pas la forme universitaire traditionnelle : des pensées incarnées dans un langage, des doutes, des émotions, de la vulnérabilité, un corps. Son raisonnement se nourrit de la notion de montage comme forme d’écriture et de fictions théoriques tel le roman épîstolaire I Love Dick de Chris Kraus.

Keywords: fiction théorique, Chris Kraus, tremblement, montage, pensée incarnée, vulnérabilité.

« Dans le discours qu’aujourd’hui je dois tenir, […] j’aurais voulu pouvoir me glisser subrepticement. Plutôt que de prendre la parole, j’aurais voulu être enveloppé par elle, et porté bien au-delà de tout commencement possible1. » Si Michel Foucault entame la conférence qui donnera naissance à L’Ordre du discours par la peur qu’il a de commencer, c’est parce qu’il ne voit pas comment ce champ de bataille qu’est la parole peut se déplier en toute liberté à l’intérieur d’une structure discursive. Pour « prendre la parole », le philosophe doit organiser les mots autour d’un commencement, d’un développement et d’une fin, et procéder à une série de sélections qui ordonneront sa pensée. « Il y a chez beaucoup, continue-t-il, un pareil désir de n’avoir pas à commencer, un pareil désir ←219 | 220→de se retrouver d’entrée de jeu, de l’autre côté du discours2. » Mais il faut négocier avec des formes institutionnalisées qui...

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