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Reconnaissance et éducation identitaire

Compétences identitaires et gouvernance scolaire

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Nicolas Cuneen

À partir d'une étude critique des théories contemporaines de la reconnaissance, cet ouvrage pose la question suivante : que peut faire l'école pour aider les élèves à devenir responsables du rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes ?

La réponse vient en deux temps. Si l’élaboration du concept de compétences identitaires offre un abord inédit de la dimension pédagogique liée au développement d’un rapport positif durable à soi, le registre des compétences ne permet pas de décrire adéquatement la composante attentionnelle du travail identitaire. Ainsi, dans un deuxième mouvement, l’enquête se redirige vers l’étude des conditions institutionnelles à même de soutenir une forme d’attention collective propice au développement continu de tous.

La thèse défendue est qu’un « tournant identitaire » de l’éducation doit commencer par se soucier du bien-être des enseignants en réinvestissant dans leur statut professionnel, rétablissant tant leur autonomie attentionnelle que leur autorité légitime, afin de protéger leur propre désir d’apprendre.

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Introduction

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Tant que l’individualisme contemporain poursuit sa trajectoire actuelle, l’identité restera un défi que l’on ne peut pas se permettre d’ignorer. Nous avons plus de pouvoir que jamais dans l’histoire sur la manière dont nous nous voyons, par les choix que nous posons dans un monde où tout est possible et par l’accessibilité inédite des bulles informationnelles de tout genre. Cette liberté identitaire demeure un cadeau empoisonné sans une éducation qui se charge de développer les outils qui permettront à tout enfant de devenir responsable du rapport qu’il entretient avec lui-même.

Le problème de l’identité qui nous intéresse dans cette recherche est celui de la manière dont le rapport à soi affecte l’autonomie d’une personne. Ce rapport à soi, truffé d’affects, de valeurs, d’images, de récits et de traces relationnelles, est à la base de notre capacité à agir de manière autonome. La thèse centrale des théories contemporaines de la reconnaissance pose que, si un rapport suffisamment positif et solide à soi-même est déstabilisé, notamment par l’expérience systématique de l’injustice, c’est la liberté intérieure de la personne qui se trouve compromise, car l’on perd un élément de motivation intrinsèque à suivre les règles que l’on se donne.

Le lien entre le rapport à soi et l’autonomie peut se comprendre en termes de motivation morale, mais aussi en termes de la perception des actions qui nous apparaissent comme possibles. Dans un court texte1, Jens Brockemeier s’appuie...

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