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Reconnaissance et éducation identitaire

Compétences identitaires et gouvernance scolaire

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Nicolas Cuneen

À partir d'une étude critique des théories contemporaines de la reconnaissance, cet ouvrage pose la question suivante : que peut faire l'école pour aider les élèves à devenir responsables du rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes ?

La réponse vient en deux temps. Si l’élaboration du concept de compétences identitaires offre un abord inédit de la dimension pédagogique liée au développement d’un rapport positif durable à soi, le registre des compétences ne permet pas de décrire adéquatement la composante attentionnelle du travail identitaire. Ainsi, dans un deuxième mouvement, l’enquête se redirige vers l’étude des conditions institutionnelles à même de soutenir une forme d’attention collective propice au développement continu de tous.

La thèse défendue est qu’un « tournant identitaire » de l’éducation doit commencer par se soucier du bien-être des enseignants en réinvestissant dans leur statut professionnel, rétablissant tant leur autonomie attentionnelle que leur autorité légitime, afin de protéger leur propre désir d’apprendre.

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Partie I : Le problème de la reconnaissance

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Le but de notre étude est d’explorer comment l’éducation peut contribuer au développement de la liberté intérieure des humains par le développement d’un rapport positif et continuellement transformateur à soi. Notre thèse est que le concept de compétences identitaires, appliqué au champ de la gouvernance scolaire, constitue un outil prometteur pour penser les changements nécessaires à cette fin. Or, pour arriver à une compréhension du rôle que ce concept peut jouer, il nous faut d’abord passer par une théorie de la liberté intérieure et du changement social qui, en l’occurrence, n’interroge pas ce concept et ne s’intéresse que tangentiellement à la pensée éducative. Ainsi, cette première partie préparera le terrain pour la question qui nous préoccupe en étudiant le problème posé par les théories contemporaines de la reconnaissance, notamment mais pas uniquement dans les écrits d’Axel Honneth et en traçant brièvement les limites de leurs applications politiques.

En effet, le problème de la reconnaissance n’est autre que celui de l’autonomie comprise par le biais du rapport à soi, lequel se fond dans les relations avec autrui. C’est un problème dont la description remonte à Fichte et à Hegel et qui a connu récemment un regain d’intérêt suite à la transposition des idées du jeune Hegel dans le cadre de la psychologie sociale de George Herbert Mead par Honneth dans La lutte pour la reconnaissance. Le premier chapitre de cette partie...

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