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Reconnaissance et éducation identitaire

Compétences identitaires et gouvernance scolaire

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Nicolas Cuneen

À partir d'une étude critique des théories contemporaines de la reconnaissance, cet ouvrage pose la question suivante : que peut faire l'école pour aider les élèves à devenir responsables du rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes ?

La réponse vient en deux temps. Si l’élaboration du concept de compétences identitaires offre un abord inédit de la dimension pédagogique liée au développement d’un rapport positif durable à soi, le registre des compétences ne permet pas de décrire adéquatement la composante attentionnelle du travail identitaire. Ainsi, dans un deuxième mouvement, l’enquête se redirige vers l’étude des conditions institutionnelles à même de soutenir une forme d’attention collective propice au développement continu de tous.

La thèse défendue est qu’un « tournant identitaire » de l’éducation doit commencer par se soucier du bien-être des enseignants en réinvestissant dans leur statut professionnel, rétablissant tant leur autonomie attentionnelle que leur autorité légitime, afin de protéger leur propre désir d’apprendre.

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Chapitre 1 Le développement de l’autonomie

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Dans la préface à La lutte pour la reconnaissance, Honneth annonce les trois buts théoriques qui animent son travail. Il entend d’abord jeter les bases d’une « théorie sociale à teneur normative »5, dont le noyau normatif servira tantôt à fonder une théorie critique de la société et tantôt à établir une éthique de la reconnaissance visant à protéger le rapport vulnérable à soi dont dépend la liberté intérieure. Ensuite, il cherche à « expliquer certains processus de transformation sociale »6, décrivant ainsi comment les conditions sociales de la liberté ont été gagnées progressivement via des luttes successives qui trouvent leur base motivationnelle dans les expériences partagées de l’injustice. Mais aussi, en deçà de ces buts normatif et descriptif, Honneth s’efforce de « faire apparaitre la logique morale des conflits sociaux »7 ou encore d’en établir une « grammaire » à même d’aider à comprendre certaines dynamiques évolutives de la société et de renforcer son éthique dont l’économie psychologique inaccessible nécessite autant de supports concrets que possible.

Ainsi, si Honneth dédie le premier tiers de La lutte aux idées développées par Hegel dans son Système de la vie éthique que l’auteur contemporain cherche à réactualiser, le cœur du livre, fournissant la logique et la grammaire de ses propres écrits sur la reconnaissance pendant une décennie, est consacré à l’anthropologie de G.H. Mead. En effet, c’est chez Mead que Honneth trouve un point d’appui pour reprendre les th...

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