Show Less
Restricted access

Reconnaissance et éducation identitaire

Compétences identitaires et gouvernance scolaire

Series:

Nicolas Cuneen

À partir d'une étude critique des théories contemporaines de la reconnaissance, cet ouvrage pose la question suivante : que peut faire l'école pour aider les élèves à devenir responsables du rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes ?

La réponse vient en deux temps. Si l’élaboration du concept de compétences identitaires offre un abord inédit de la dimension pédagogique liée au développement d’un rapport positif durable à soi, le registre des compétences ne permet pas de décrire adéquatement la composante attentionnelle du travail identitaire. Ainsi, dans un deuxième mouvement, l’enquête se redirige vers l’étude des conditions institutionnelles à même de soutenir une forme d’attention collective propice au développement continu de tous.

La thèse défendue est qu’un « tournant identitaire » de l’éducation doit commencer par se soucier du bien-être des enseignants en réinvestissant dans leur statut professionnel, rétablissant tant leur autonomie attentionnelle que leur autorité légitime, afin de protéger leur propre désir d’apprendre.

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 3 Les politiques institutionnelles de la reconnaissance

Extract

Pour qui est convaincu par une telle conception de la liberté intérieure et de ses aspects intersubjectivement vulnérables, il est naturel de poser la question des politiques capables d’engendrer des conditions institutionnelles susceptibles de développer et de protéger l’autonomie ainsi conçue. Nous pouvons, conscients du chevauchement manifeste entre les pistes proposées ainsi que de la polysémie du terme « institutionnel »135, distinguer quatre conceptions possibles d’une telle politique institutionnelle dont trois seront abordées dans ce chapitre. Parmi ces trois approches, les deux premières décrivent des dynamiques politiques possibles alors que la troisième s’engage activement à promouvoir la réussite de celles-ci.

Le modèle le plus courant dans le paradigme de la reconnaissance, esquissé comme un mouvement historique possible chez Honneth et rendu proprement politique chez Renault, est celui de la lutte pour l’abolition des conditions institutionnelles des expériences systématiques et partagées de l’injustice. En identifiant leurs confrères victimes d’injustices structurellement semblables, les individus auraient non seulement la possibilité de remanier les dispositifs sociétaux pour empêcher la répétition des injustices subies, mais aussi l’opportunité de rétablir leur rapport blessé à soi à travers leur engagement. Une telle politique décrit donc le combat contre les institutions déformatrices du rapport à soi.←75 | 76→

Un deuxième modèle de politique institutionnelle basée sur les conditions identitaires de l’autonomie ressort du Droit de la liberté, l’ouvrage majeur plus récent...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.