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Reconnaissance et éducation identitaire

Compétences identitaires et gouvernance scolaire

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Nicolas Cuneen

À partir d'une étude critique des théories contemporaines de la reconnaissance, cet ouvrage pose la question suivante : que peut faire l'école pour aider les élèves à devenir responsables du rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes ?

La réponse vient en deux temps. Si l’élaboration du concept de compétences identitaires offre un abord inédit de la dimension pédagogique liée au développement d’un rapport positif durable à soi, le registre des compétences ne permet pas de décrire adéquatement la composante attentionnelle du travail identitaire. Ainsi, dans un deuxième mouvement, l’enquête se redirige vers l’étude des conditions institutionnelles à même de soutenir une forme d’attention collective propice au développement continu de tous.

La thèse défendue est qu’un « tournant identitaire » de l’éducation doit commencer par se soucier du bien-être des enseignants en réinvestissant dans leur statut professionnel, rétablissant tant leur autonomie attentionnelle que leur autorité légitime, afin de protéger leur propre désir d’apprendre.

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Chapitre 7 Le rapport de croyance en un soi prédonné

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Sur le plan technique, le concept de compétences identitaires couvre l’ensemble d’outils mentaux entraînables qui étayent la prise en charge réflexive du travail identitaire. Or, comme nous l’avons indiqué à la fin du chapitre 5, la réflexivité identitaire n’est pas réductible à l’application des savoir-faire qui, une fois acquis, se déploient automatiquement pour assurer la transformation itérative continue du rapport à soi. L’autre aspect crucial qui ressort de notre construction de l’opération réflexive, c’est la saisie de l’image de soi comme d’une forme qui puisse varier et qui ne connaît pas d’attachements inflexibles à des contenus fixes. Le rapport de croyance qui sous-tend un tel acte de saisie semble en effet conditionner la mise en marche féconde des compétences identitaires dans les deux dimensions évoquées de l’opération réflexive, celle de la réflectibilité (se réfléchir dans une image) et celle de la destinabilité (se donner une destinée éthique à travers une forme identitaire).

Le terme « rapport de croyance » n’est évidemment pas anodin. Il permet de souligner d’emblée l’insuffisance d’une conception des croyances sur la nature de la subjectivité qui se limite à l’analyse des croyances stables et unidimensionnelles, voire des croyances conscientes et déclaratives. Cette insuffisance est témoignée par les tensions qui traversent le paradigme psychologique des self-theories vers lequel nous nous tournons à l’instant. Par ailleurs, elle est également perceptible dans une tension constitutive de l’individualisme contemporain. Au même moment de...

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