Show Less
Restricted access

Reconnaissance et éducation identitaire

Compétences identitaires et gouvernance scolaire

Series:

Nicolas Cuneen

À partir d'une étude critique des théories contemporaines de la reconnaissance, cet ouvrage pose la question suivante : que peut faire l'école pour aider les élèves à devenir responsables du rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes ?

La réponse vient en deux temps. Si l’élaboration du concept de compétences identitaires offre un abord inédit de la dimension pédagogique liée au développement d’un rapport positif durable à soi, le registre des compétences ne permet pas de décrire adéquatement la composante attentionnelle du travail identitaire. Ainsi, dans un deuxième mouvement, l’enquête se redirige vers l’étude des conditions institutionnelles à même de soutenir une forme d’attention collective propice au développement continu de tous.

La thèse défendue est qu’un « tournant identitaire » de l’éducation doit commencer par se soucier du bien-être des enseignants en réinvestissant dans leur statut professionnel, rétablissant tant leur autonomie attentionnelle que leur autorité légitime, afin de protéger leur propre désir d’apprendre.

Show Summary Details
Restricted access

Conclusion

Extract

L’apport premier des théories contemporaines de la reconnaissance est d’avoir démontré avec une grande finesse descriptive 1/ que la liberté intérieure – la capacité à suivre sa loi autodonnée – dépend d’un rapport positif à soi, lequel est construit en relation avec autrui, et 2/ que ce rapport positif peut être ébranlé par des chocs externes de nature relationnelle, inhibant dès lors l’autonomie de la personne.

En effet, l’autonomie personnelle a besoin d’un rapport positif à un soi qui sert de socle pour la responsabilité à l’égard d’une communauté affectée par ses actions. Sans une telle assise morale, la question de la valeur morale de nos actions ne peut se poser. Le soi est tenu par un système d’orientations éthiques jugées légitimes – l’identité morale – qu’il s’agit d’interpréter dans chaque contexte doté d’une éthicité, où l’usage de ma liberté pourrait contraindre celle des autres. Un rapport positif à un système éthique, dont la légitimité est continuellement mise à l’épreuve par l’ouverture à l’intérêt de l’autre, fournit la base d’une motivation intrinsèque à agir selon ce que ce système demande. Un accord entre l’élan d’action qui veille à la liberté des autres et celui qui surgit spontanément de l’image de soi rend libre par l’autolimitation désirée.

Mais, le rapport positif à l’identité morale est particulièrement vulnérable aux perturbations sociales. Le fait de nous voir trop souvent dans la perspective imaginée de l’autre comme un...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.