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Le passé des Khmers

Langues, textes, rites

Edited By Nasir Abdoul-Carime, Grégory Mikaelian and Joseph Thach

Ce livre offre les premiers résultats d’une enquête sur les pratiques et les représentations du passé chez les Khmers. Elle s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire collective qui fait le choix d’un pas de côté, à distance de l’historiographie récente traitant de cette question à l’intérieur d’une chronologie très restreinte, couvrant les 40 ans qui nous séparent du régime khmer rouge. Ici comme ailleurs, considérer les phénomènes de la vie sociale pour leur seule contemporanéité ou ériger les événements contemporains comme fondateurs à l’exclusion des autres ne permet guère une pleine compréhension du fonctionnement de la mémoire collective. Il n’est sans doute pas de problème plus complexe que celui du rapport qu’entretient, sur la durée, une société à son passé. À commencer par celui des mots qu’elle se choisit pour le dire et qui le déterminent en partie. Ceux que les auteurs ont tirés de la langue des locuteurs, des textes historiques et de l’exercice des rites suggèrent d’autres chemins à frayer. Une dizaine d’articles de linguistes, d’historiens et d’ethnologues nous invitent ici à les parcourir, en regard des expériences du passé propres aux mondes indien et européen.

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DENIS CROUZETLe passé entre mémoire extrême et désir d’oubli : les mises en consciences de l’histoire dans la France des guerres de Religion

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DENIS CROUZET*

Le passé entre mémoire extrême et désir d’oubli :les mises en consciences de l’histoire dans la France des guerres de Religion

L’histoire se projette durant le second seizième siècle français dans des collections narratives qui relatent, pour exorciser l’oubli et parce que les violences témoignent de l’identité monstrueuse de ceux qui les ont pratiquées, les exempla identifiés comme outrepassant tout référent dans le passé : du côté calviniste, ce sont les martyrologes, les histoires ecclésiastiques, qui procèdent par effet d’accumulation sérielle de l’horreur afin de produire un effet de paroxysme. Pour les catholiques, c’est plutôt par le biais de discours traitant des calamités du temps, de « théâtres » des cruautés, et donc d’échantillonnages des violences paradigmatiques, que l’effet de paroxysme est recherché.

De la sorte surgit une mémoire extrême qui conceptualise l’histoire récente comme la démesure de tout cadrage, comme une séquence dans laquelle l’humanité est entrée dans l’inouï, le presque impensable ou inconcevable d’une cruauté et d’une horreur parce qu’ayant atteint un point d’intensité surdémesurée, tant quantitativement que qualitativement. De part et d’autre, ce paroxysme est certes un outil de dénonciation de l’adversaire confessionnel, il prend part à un combat de mots : dans l’outrance de ses meurtres ou destructions, l’ennemi se révèle agissant au service du mal, et il relève d’un ma...

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