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Le passé des Khmers

Langues, textes, rites

Edited By Nasir Abdoul-Carime, Grégory Mikaelian and Joseph Thach

Ce livre offre les premiers résultats d’une enquête sur les pratiques et les représentations du passé chez les Khmers. Elle s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire collective qui fait le choix d’un pas de côté, à distance de l’historiographie récente traitant de cette question à l’intérieur d’une chronologie très restreinte, couvrant les 40 ans qui nous séparent du régime khmer rouge. Ici comme ailleurs, considérer les phénomènes de la vie sociale pour leur seule contemporanéité ou ériger les événements contemporains comme fondateurs à l’exclusion des autres ne permet guère une pleine compréhension du fonctionnement de la mémoire collective. Il n’est sans doute pas de problème plus complexe que celui du rapport qu’entretient, sur la durée, une société à son passé. À commencer par celui des mots qu’elle se choisit pour le dire et qui le déterminent en partie. Ceux que les auteurs ont tirés de la langue des locuteurs, des textes historiques et de l’exercice des rites suggèrent d’autres chemins à frayer. Une dizaine d’articles de linguistes, d’historiens et d’ethnologues nous invitent ici à les parcourir, en regard des expériences du passé propres aux mondes indien et européen.

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ERIC BOURDONNEAULa stèle de Sdok Kak Thom et le Devarāja.Récits et acteurs d’une « naissance »

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ERIC BOURDONNEAU*

La stèle de Sdok Kak Thom et le Devarāja.Récits et acteurs d’une « naissance »

Dès que l’on examine les façons de faire vivre le temps dans les contextes les plus divers, les sempiternelles considérations sur les ‘représentations du temps’ cèdent la place à une intelligence circonstancielle des conditions de production puis d’expérience de la temporalité1

La stèle de Sdok Kak Thom (Stuk Kak Dhaṁ, K. 235) a de quoi faire hésiter. Elle est une sorte de « monument » de l’épigraphie du Cambodge ancien. Elle est sans doute l’inscription la plus citée et celle pour laquelle nous disposons du plus grand nombre de traductions, aussi bien pour sa partie sanskrite que pour sa partie khmère. Il y a plusieurs raisons à cet intérêt privilégié ou, disons même, à ce qui a les allures d’une focalisation de la recherche. Celle-ci tient à la dimension narrative de l’inscription et à ce qui fait, pour une part, l’objet même de cette narration : la fondation, en apparence assez singulière, d’une nouvelle divinité tutélaire de la royauté (Devarāja) sous le règne du souverain Jayavarman II (au tournant du VIIIe siècle), et la transmission de la charge de ce culte, sur au moins huit générations, au sein d’une lignée de dignitaires religieux dont « l’auteur » de l’inscription, Sadāśiva-Jayendravarman, est le dernier représentant. Le récit de cette...

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