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Jardins littéraires et méditerranéens

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Encarnación Medina Arjona, Ouidad Tebbaa and Marlène Bouzin

Le jardin est l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature où s’intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir-faire des humains pour créer un objet de beauté. Il s’agit d’un lieu social s’offrant à l’artiste comme espace de lecture du monde. S’approprier à la fois le naturel et l’artifice, les organiser d’une manière intelligible, relève d’une volonté esthétique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la mesure, d’une condensation du savoir, étant une écriture amoureuse. La solitude du jardinier semble s’accorder à l’investissement propre à l’acte d’écriture, à la place que les hommes s’accordent dans le monde.

Les messages esthétiques que les jardins littéraires méditerranéens peuvent nous livrer évoluent au rythme des artistes. Des sources anciennes de la culture de l’hortus aux couleurs méditerranéennes chez Sorolla et Dalí, les textes de Chateaubriand, Sand, Hugo, Zola, Lorrain, Eberhardt, Siles ou García Montero rendent compte de l’expérience artistique de l’intimité et de la réflexion, de la théâtralisation, de l’exotisme et l’évasion, des expériences du corps et de la lumière dans les jardins.

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De Cervantès à Voltaire, quelques usages littéraires du jardin

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Denise Brahimi Université Paris Diderot – Paris 7 Les voyageurs européens dans le nord de l’Afrique (16e–18e siècle) ont souvent mentionné le charme qu’ils trouvaient aux jardins, différents de ceux qu’ils connaissaient dans leur propre pays et qu’on peut définir comme “classiques”, alors que ceux qu’ils découvraient leur plaisaient par leur « irrégularité » – c’est le mot qu’emploie l’un d’entre eux1. Chez les écrivains de la même époque, ces jardins donnent lieu à des descriptions non moins charmantes, mais s’y ajoute la tendance à les considérer comme une sorte de métaphore, signifiant la joie, la sagesse et la paix dans un monde traversé de soubresauts multiples et violents. C’est bien ainsi, semble-t-il qu’on peut considérer certains jardins évoqués par Cervantès dans son œuvre, d’autant qu’il le fait de manière récurrente, et nous en verrons deux exemples, dans son Don Quichotte et dans l’une de ses Nouvelles exemplaires. Au terme de cette lignée se trouve le jardin dont il est question à la fin du célèbre conte de Voltaire, Candide, un jardin qu’il importe avant toute chose de se mettre à « cultiver » selon le mot de l’auteur. Il est évident que cet usage métaphorique ne retire rien au charme des jardins mais l’amplifie au contraire et contribue à montrer combien ces lieux sont désirables et précieux. 1 Desfontaines, René et Peysonnel, Jean André, in Adolfe Dureau de La Malle (publié par), Voyages dans les Régences de Tunis...

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