Show Less

Jardins littéraires et méditerranéens

Series:

Encarnación Medina Arjona, Ouidad Tebbaa and Marlène Bouzin

Le jardin est l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature où s’intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir-faire des humains pour créer un objet de beauté. Il s’agit d’un lieu social s’offrant à l’artiste comme espace de lecture du monde. S’approprier à la fois le naturel et l’artifice, les organiser d’une manière intelligible, relève d’une volonté esthétique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la mesure, d’une condensation du savoir, étant une écriture amoureuse. La solitude du jardinier semble s’accorder à l’investissement propre à l’acte d’écriture, à la place que les hommes s’accordent dans le monde.

Les messages esthétiques que les jardins littéraires méditerranéens peuvent nous livrer évoluent au rythme des artistes. Des sources anciennes de la culture de l’hortus aux couleurs méditerranéennes chez Sorolla et Dalí, les textes de Chateaubriand, Sand, Hugo, Zola, Lorrain, Eberhardt, Siles ou García Montero rendent compte de l’expérience artistique de l’intimité et de la réflexion, de la théâtralisation, de l’exotisme et l’évasion, des expériences du corps et de la lumière dans les jardins.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Les Jardins parlent : jardins méditerranéens chez Chateaubriand

Extract

Les Jardins parlent : jardins méditerranéens chez Chateaubriand1 Béatrice Didier Ecole normale supérieure Paris (Ulm) Chateaubriand, à quelques exceptions près – d’autant plus significatives –, ne semble pas un poète du jardin, comme le sont Horace ou La Fontaine. Homme des grands espaces, de la lande bretonne aux forêts d’Amérique, il ne paraît pas, a priori, devoir être attiré par cet espace relativement petit, clos, intime à quoi correspond le plus souvent notre imaginaire du jar- din. D’autre part, l’océan est son élément premier, avant qu’il découvre la méditerranée, en quelque sorte seconde dans sa vie et son univers. Aussi les quelques jardins que nous rencontrons dans son œuvre sont-ils liés au voyage, rares moments de repos dans l’errance sous le signe duquel il place son existence : voyages en Italie, de Paris à Jérusalem, enfin en Espagne. « Riants jardins », répète à l’envi la poésie un peu fade du XVIIIe siècle. Delille et d’autres l’ont dit et redit. Ce n’est pas sur leurs traces qu’entend marcher Chateaubriand, car dans ses voyages en Italie et dans le pourtour méditerranéen, il insiste à plaisir sur les champs de ruines qu’il rencontre et sur la stérilité des terres. Dans la campagne romaine, telle qu’il la voit, peu de jardins. On s’attend cependant à retrouver celui d’Horace. Effectivement, « je n’ai pas quitté Tivoli sans visiter la maison du poète », lisons-nous dans la Lettre à Fontanes: On sent qu’on devait être bien...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.