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Jardins littéraires et méditerranéens

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Encarnación Medina Arjona, Ouidad Tebbaa and Marlène Bouzin

Le jardin est l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature où s’intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir-faire des humains pour créer un objet de beauté. Il s’agit d’un lieu social s’offrant à l’artiste comme espace de lecture du monde. S’approprier à la fois le naturel et l’artifice, les organiser d’une manière intelligible, relève d’une volonté esthétique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la mesure, d’une condensation du savoir, étant une écriture amoureuse. La solitude du jardinier semble s’accorder à l’investissement propre à l’acte d’écriture, à la place que les hommes s’accordent dans le monde.

Les messages esthétiques que les jardins littéraires méditerranéens peuvent nous livrer évoluent au rythme des artistes. Des sources anciennes de la culture de l’hortus aux couleurs méditerranéennes chez Sorolla et Dalí, les textes de Chateaubriand, Sand, Hugo, Zola, Lorrain, Eberhardt, Siles ou García Montero rendent compte de l’expérience artistique de l’intimité et de la réflexion, de la théâtralisation, de l’exotisme et l’évasion, des expériences du corps et de la lumière dans les jardins.

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« Un aloès en Sibérie » ou l’utopie du jardin universel chez Hugo et Fourier

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« Un aloès en Sibérie » ou l’utopie du jardin universel chez Hugo et Fourier Françoise Chenet Université Grenoble III Le chapitre des Misérables, « Où on lira deux vers qui sont peut-être du diable » (II, II, 2)1, possède un certain nombre de singularités soulignées par l’auteur qui interrompt son récit pour « raconter avec quelque détail un fait singulier » et renchérit quelques lignes plus loin : Il y a dans le pays de Montfermeil une superstition très ancienne, d’autant plus cu- rieuse et d’autant plus précieuse qu’une superstition populaire dans le voisinage de Paris est comme un aloès en Sibérie. Nous sommes de ceux qui respectent tout ce qui est à l’état de plante rare. Voici la superstition de Montfermeil. On croit que le diable a de temps immémorial choisit la forêt pour y cacher ses trésors2. Cet «  aloès en Sibérie  » désignant «  la  » superstition de Montfermeil, mérite donc une attention particulière, ne serait-ce que par respect pour l’intérêt que Hugo prétend lui porter. Notons tout d’abord que ce chapitre, en apparence digressif, fait par- tie d’un ensemble nodal puisqu’il introduit au lieu, littéralement diabo- lique, où Jean Valjean enterre son « trésor », c’est-à-dire l’argent gagné à Montreuil-sur-Mer et dont il tirera la future dot de Cosette. C’est le « fonds Blaru »3, clairière perdue quelque part dans les bois de Montfer- meil dont partira Jean Valjean...

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