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Jardins littéraires et méditerranéens

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Encarnación Medina Arjona, Ouidad Tebbaa and Marlène Bouzin

Le jardin est l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature où s’intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir-faire des humains pour créer un objet de beauté. Il s’agit d’un lieu social s’offrant à l’artiste comme espace de lecture du monde. S’approprier à la fois le naturel et l’artifice, les organiser d’une manière intelligible, relève d’une volonté esthétique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la mesure, d’une condensation du savoir, étant une écriture amoureuse. La solitude du jardinier semble s’accorder à l’investissement propre à l’acte d’écriture, à la place que les hommes s’accordent dans le monde.

Les messages esthétiques que les jardins littéraires méditerranéens peuvent nous livrer évoluent au rythme des artistes. Des sources anciennes de la culture de l’hortus aux couleurs méditerranéennes chez Sorolla et Dalí, les textes de Chateaubriand, Sand, Hugo, Zola, Lorrain, Eberhardt, Siles ou García Montero rendent compte de l’expérience artistique de l’intimité et de la réflexion, de la théâtralisation, de l’exotisme et l’évasion, des expériences du corps et de la lumière dans les jardins.

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Voyages en Méditerranée de Jean Lorrain

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Lola Bermudez Universidad de Cádiz Je ne fais rien de ce qui me plairait et fais toujours ce qui m’ennuie. Je ne suis moi et à moi que hors Paris ! Je meurs d’ennui dans cette boue, cette pluie, ces papo- tages et ces intrigues. Lorrain vomit le Raitif1. La chronique journalistique, qu’il signait du pseudonyme Raitif de la Bre- tonne, occupa une part très importante dans l’activité littéraire de Jean Lorrain (1855–1906), alias de Paul Duval, considéré aujourd’hui comme l’un des grands écrivains décadents français. Bien qu’appartenant à une famille normande relativement aisée, le journalisme était devenu pour lui nécessaire, ses revenus ne lui permettant pas d’assurer le genre de vie qu’il entendait mener à Paris. Il fut payé de retour : le journalisme lui procura beaucoup d’argent – Jean Lorrain était le journaliste le mieux payé de Paris – et fut responsable d’une réputation grandissante à son époque. Être partout pour en distiller immédiatement une chronique acerbe de l’événement contribua également à faire de lui un témoin d’exception, ce qui lui créa de nombreux ennemis et entraîna souvent des duels (Montes- quiou, Proust, Maupassant, Bob Walter, Séverine…), tant dialectiques que réels qui jalonnèrent son activité journalistique et qui firent les délices des cancans parisiens à la fin du siècle. Son attitude, décidément provocatrice, contribua aussi à faire de lui le point de mire de maints et souvent très malicieux commentaires : sur son aspect physique, sur...

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