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Le patrimoine oral : ancrage, transmission et édition dans l’espace galloroman

Edited By Aurélie Reusser-Elzingre and Federica Diémoz

Ce volume rassemble des contributions scientifiques abordant le « patrimoine immatérie l» de diverses manières. Tout d’abord, celui véhiculé par les langues vernaculaires d’origine latine encore parfois parlées en France, en Belgique wallonne, en Suisse romande et en Italie du nord. Contes de transmission orale (articles de Nicole Belmont, Aurélie Reusser-Elzingre, Fabio Armand, Jacques Berlioz, Lydia Gaborit), légendes historiques et chansons (Isabelle Raboud-Schüle et Serge Rossier, Claudine Fréchet, Edith Montelle), noms de lieux (Matteo Rivoira), expressions (Françoise Lempereur), surnoms locaux (Alexis Bétemps), vocabulaire de métier (Jean Delmas), tous sont porteurs de croyances et de valeurs dites « traditionnelles ». Cette matière est abordée de divers points de vue : celui de l’anthropologue, qui analyse les relations entre les acteurs et l’inévitable (re)fabrication culturelle. Celui du collecteur, qui recherche souvent à figer dans l’écriture une forme orale mouvante. Celui du philologue, désirant mettre en valeur un « patrimoine historique » souvent inaccessible sans son rôle de transmetteur au grand public. Enfin, celui du conteur, toujours à la recherche de nouveaux récits, qui transmet à travers sa langue des motifs au gré de sa propre biographie, du public et du contexte. Toutes ces contributions sont encadrées par les réflexions de dialectologues (Andres Kristol, Federica Diémoz, Aurélie Reusser-Elzingre) et d’anthropologues (Ellen Hertz, Suzanne Chappaz-Wirthner) sur ce vaste sujet qu’est le « patrimoine culturel immatériel ».

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2. La manipulation du folklore

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Françoise Lempereur Université de Liège Tradition, trahison, transmission du patrimoine oral : réflexions et expériences en Wallonie La Wallonie correspond à un peu plus de la moitié du territoire belge et a pour frontières les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg et sur- tout la France. La langue officielle y est le français, hormis dans sa partie orientale, germanophone (75 000 de ses 3 500 000 d’habitants). Par cette situation géographique, elle a hérité d’un patrimoine culturel spécifique qui, comme dans la plupart des autres pays européens, tend aujourd’hui à disparaître au profit de formes d’expressions et de modes de vie de plus en plus universels. Le maintien et la revitalisation des langues vernaculaires, des pratiques sociales, des connaissances et des savoir-faire patrimoniaux motivent peu la jeune génération, de plus en plus métissée et de plus en plus inféodée à des formes culturelles commercialisées, souvent mondialisées. La question de leur sauvegarde interpelle cependant un nombre croissant de citoyens et, par conséquent, de politiciens. Un dé- puté vient, par exemple, de déposer un projet de décret relatif aux lan- gues régionales, destiné à consolider les initiatives existantes (mais non institutionnalisées) en matière d’enseignement et de transmission de ces langues à travers les médias, les opérateurs culturels et les relations internationales. La Belgique est un des rares pays européens à n’avoir pas ratifié la Charte européenne de protection des langues r...

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