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Le patrimoine oral : ancrage, transmission et édition dans l’espace galloroman

Aurélie Reusser-Elzingre and Federica Diémoz

Ce volume rassemble des contributions scientifiques abordant le « patrimoine immatérie l» de diverses manières. Tout d’abord, celui véhiculé par les langues vernaculaires d’origine latine encore parfois parlées en France, en Belgique wallonne, en Suisse romande et en Italie du nord. Contes de transmission orale (articles de Nicole Belmont, Aurélie Reusser-Elzingre, Fabio Armand, Jacques Berlioz, Lydia Gaborit), légendes historiques et chansons (Isabelle Raboud-Schüle et Serge Rossier, Claudine Fréchet, Edith Montelle), noms de lieux (Matteo Rivoira), expressions (Françoise Lempereur), surnoms locaux (Alexis Bétemps), vocabulaire de métier (Jean Delmas), tous sont porteurs de croyances et de valeurs dites « traditionnelles ». Cette matière est abordée de divers points de vue : celui de l’anthropologue, qui analyse les relations entre les acteurs et l’inévitable (re)fabrication culturelle. Celui du collecteur, qui recherche souvent à figer dans l’écriture une forme orale mouvante. Celui du philologue, désirant mettre en valeur un « patrimoine historique » souvent inaccessible sans son rôle de transmetteur au grand public. Enfin, celui du conteur, toujours à la recherche de nouveaux récits, qui transmet à travers sa langue des motifs au gré de sa propre biographie, du public et du contexte. Toutes ces contributions sont encadrées par les réflexions de dialectologues (Andres Kristol, Federica Diémoz, Aurélie Reusser-Elzingre) et d’anthropologues (Ellen Hertz, Suzanne Chappaz-Wirthner) sur ce vaste sujet qu’est le « patrimoine culturel immatériel ».

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Préface

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Entre 2009 et 2014, j’ai eu le grand plaisir de collaborer avec Aurélie Reusser-Elzingre, Federica Diémoz et Andres Kristol dans le cadre du projet de recherche interdisciplinaire que j’ai dirigé sur l’implémentation de la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Suisse1. Le colloque à l’origine de cet ouvrage en est un des résultats, et la richesse et variété des contributions sont à l’image de la complexité et de la multiplicité des enjeux qui sous-tendent cette Convention, ainsi que des « prises » (BESSY/CHATEAU-RAYNAUD 1995) patrimoniales qu’elle est censée promouvoir. Très brièvement, trois leçons sont à retenir de la fructueuse relation de collaboration interdisciplinaire que nous avons pu établir dans ce cadre.

Premièrement, l’échange interdisciplinaire entre dialectologues et anthropologues/ethnologues/folkloristes (j’utilise ces termes de manière interchangeable ici) ne date pas d’hier ! Au contraire, ces différents champs de recherche se sont nourris continuellement les uns les autres depuis au moins deux siècles. Avec un peu de recul, c’est ici qu’on constate la grande « success story » de la recherche interdisciplinaire – pas celle qui est devenue une mode imposée aujourd’hui, mais celle que les sciences humaines et sociales ont toujours pratiquée, faite d’emprunts méthodologiques et conceptuels, de comparaison et de contraste, de partage d’auteurs et d’objets communs. Le résultat, comme les lecteurs de ce volume le remarqueront, est une forme de connaissance qui gagne en sophistication et en réflexivité au cours...

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