Show Less
Restricted access

L’enfant et la métaphore

Percée socio-culturelle dans les contours normatifs du cognitivisme

Frédéric Cerchia

Symbole de la pensée créatrice pour quelques-uns, sauvageonne illusionniste pour de nombreux autres, la métaphore a plutôt mauvaise presse dans l’histoire de la pensée occidentale qui s’en méfie autant qu’elle redoute la force déstructurante de l’imagination. Le langage quotidien est pourtant truffé de métaphores que l’usage ne laisse plus guère apparaître comme telles mais qui structurent notre expérience du monde.

Cet ouvrage a pour but d’étudier le développement de la compréhension de métaphores chez des enfants âgés de 4 à 10 ans. Après avoir mis à l’épreuve un modèle cognitiviste de compréhension, l’auteur adopte une perspective critique relevant de la psychologie socio-culturelle sur les mêmes conduites des enfants. Ce changement radical de posture permet de décrire comment les enfants mobilisent, à certaines fins communicationnelles, divers artefacts culturels – des personnages de dessins animés ou de BD, des normes sociales ou des expériences personnelles – issus de leur environnement social. Ils démontrent ainsi disposer de compétences socio-cognitives précoces, trop souvent occultées ou considérées pêle-mêle comme « élémentaires » dans les approches plus classiques.

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 4. Concepts fondamentaux d’une psychologie socio-culturelle

Extract

| 241 →

Chapitre 4

Concepts fondamentaux d’une psychologie socio-culturelle

Croyant, avec Max Weber, que l’homme est un animal suspendu dans des toiles de signification qu’il a lui-même tissées, je considère que la culture est ces toiles.

Clifford Geertz, The Interpretation of Cultures, 1973, p. 5.

La culture en psychologie jouit d’un statut paradoxal. D’aucuns reconnaissent que le développement et le fonctionnement de la cognition se situent dans un environnement culturel spécifique et que l’esprit ne peut, en tout état de cause, rester imperméable à ses influences. Piaget (1966) lui-même identifie quatre groupes de facteurs responsables du développement cognitif parmi lesquels les traditions culturelles, en particulier celles touchant à l’éducation ; à l’époque il appelait de ses vœux des recherches qui s’attelleraient à étudier l’influence différentielle de ces facteurs culturels sur le développement. Depuis lors, des recherches comparatives ont montré des différences entre les cultures dans le développement aussitôt attribuées à un facteur culturel général et indifférencié (voir par exemple, Berry, Dasen et Saraswathi, 1997 ; Ratner, 2000). Pour autant, les études qui placent véritablement la culture au centre de leurs préoccupations ne sont pas légion.

La notion de culture en tant que telle, au-delà de la mise en évidence des différences interculturelles, constitue « un paradigme oublié » en psychologie (Diriwächter, 2009) ou, au mieux, « une bête sauvage à apprivoiser » (Valsiner, 2009a). Objet...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.