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L’enfant et la métaphore

Percée socio-culturelle dans les contours normatifs du cognitivisme

Frédéric Cerchia

Symbole de la pensée créatrice pour quelques-uns, sauvageonne illusionniste pour de nombreux autres, la métaphore a plutôt mauvaise presse dans l’histoire de la pensée occidentale qui s’en méfie autant qu’elle redoute la force déstructurante de l’imagination. Le langage quotidien est pourtant truffé de métaphores que l’usage ne laisse plus guère apparaître comme telles mais qui structurent notre expérience du monde.

Cet ouvrage a pour but d’étudier le développement de la compréhension de métaphores chez des enfants âgés de 4 à 10 ans. Après avoir mis à l’épreuve un modèle cognitiviste de compréhension, l’auteur adopte une perspective critique relevant de la psychologie socio-culturelle sur les mêmes conduites des enfants. Ce changement radical de posture permet de décrire comment les enfants mobilisent, à certaines fins communicationnelles, divers artefacts culturels – des personnages de dessins animés ou de BD, des normes sociales ou des expériences personnelles – issus de leur environnement social. Ils démontrent ainsi disposer de compétences socio-cognitives précoces, trop souvent occultées ou considérées pêle-mêle comme « élémentaires » dans les approches plus classiques.

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Epilogue

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CETTE ÉTUDE nous a permis d’explorer le travail d’interprétation d’enfants placés face à des dialogues métaphoriques en situation expérimentale. Au final, nous devons souligner l’importance du dialogue interdisciplinaire. La philosophie, la linguistique, l’épistémologie et la psychologie du développement ont offert des éclairages mutuels très utiles à l’analyse du phénomène métaphorique chez l’enfant dans cette situation expérimentale. Certaines propositions de la philosophie appliquée à l’étude de la métaphore ont bénéficié d’un étayage empirique qui a reçu en retour un éclairage théorique original.

A l’encontre d’une psychologie purement cognitive, nos résultats suggèrent qu’une approche trop computationnelle axée sur les mécanismes de la cognition néglige ce que l’intelligence pourrait retirer de l’usage d’un langage métaphorique : construire des liaisons inédites entre les choses en faisant appel à des ressources insoupçonnables par avance. D’autre part, une psychologie cognitiviste nous semble devoir repenser ses modèles trop normatifs pour laisser émerger toutes les compétences que l’enfant développe et dont il fait usage dans l’interaction vive hic et nunc avec autrui dans un environnement culturel spécifique. L’approche socio-culturelle développée ici pourrait sans doute servir encore à relire et à revaloriser d’autres compétences des enfants aux prises avec d’autres problèmes dignes d’être étudiés.

Ce travail laisse évidemment des questions en suspens qui mériteraient d’être approfondies dans des recherches ultérieures....

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