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Maîtres, précepteurs et pédagogues

Figures de l’enseignant dans la littérature italienne

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Stefano Lazzarin and Agnès Morini

L’ouvrage analyse les représentations littéraires de celui qui incarne l’autorité par sa maîtrise de la culture et du langage, l’enseignant, qui a une longue histoire dans la littérature italienne, depuis l’Atlant du Roland Furieux en passant par les pédagogues des comédies du XVIe s. et les précepteurs du XVIIIe s. (Parini, Il giorno), les maîtres d’école du roman du XIXe s., jusqu’aux fréquentes variations sur le thème dans la littérature du XXe s. Si le premier est un sage, aux facultés supérieures voire magiques, le précepteur de la comédie n’est qu’une caricature, comme le pédagogue vaniteux et pédant du XVIIIe s. Puis le maestro se transforme en figure du malheur : suspendu dans une position ambiguë, entre maître et serviteur, il suscite la suspicion des autres ; plein d’ambitions frustrées, il ne dispose que de sa culture et de son talent pédagogique pour tenter d’échapper à son rôle subalterne. Pour le XXe s., entre autorité reconnue ou contestée, les exemples retenus sont nombreux : G. Mosca, Ricordi di scuola ; L. Mastronardi, Il maestro di Vigevano ; N. Ginzburg, Lessico famigliare ; la lettre à Gennariello des Lettere luterane de Pasolini, etc.

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Il sopravvissuto d’Antonio Scurati ou « prof », un métier à hauts risques (Hans Hartje)

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Hans Hartje

Université de Pau et des Pays de l’Adour

Il sopravvissuto d’Antonio Scurati ou « prof », un métier à hauts risques

Si la tuerie sauvage et sans motif apparent (l’amok)1 a toujours existé, le massacre scolaire2 semble être un phénomène plutôt récent et en quelque sorte symptomatique d’une évolution dramatique de nos institutions d’enseignement : voilà en tout cas une des leçons qu’on peut tirer de films comme Bowling for Colombine (Michael Moore, 2002) et Elephant (Gus van Sant, 2003) qui l’ont propulsé avec éclat sur le devant de la scène médiatique. C’est dans ce contexte qu’est paru, en 2005, le roman Il sopravvissuto d’Antonio Scurati, qui s’ouvre sur un massacre scolaire d’un genre particulier, dans la mesure où l’élève Vitaliano Caccia y tue tous les enseignants réunis pour lui faire passer un examen oral, à l’exception du narrateur, Andrea Marescalchi, son professeur de philosophie qui, pour des raisons a priori opaques, est épargné par l’auteur de la tuerie3. À en croire le romancier, le livre lui a été inspiré de sa propre expérience d’enseignant dans un lycée, « un environnement réellement très dégradé, un univers en décomposition, un cosmos tragique », résultat d’une évolution de la société qu’il finit par qualifier d’« apocalypse au ralenti »4.

Voilà le point de départ de cette communication, proposée en avril 2014. Depuis a eu lieu ce que le...

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