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«Germinal», la mine et les arts

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Encarnacion Medina Arjona

Paru en 1885, Germinal, le roman de d’Émile Zola, occupe toujours le devant de la scène littéraire et sociale.

Entre viol de la nature et nostalgie d’une poésie champêtre, quelle est l’évolution artistique de la mine dans la littérature française avant Germinal ? Quel sens proposent les textes précurseurs du roman ? Sont-ils évocateurs nostalgiques d’un monde terrible et fraternel ? Que nous révèle la construction du roman, sa genèse, les moments clés tant de l’énonciation que de l’énoncé ? Quel sens a eu le roman pour ses contemporains, pour ses lecteurs, la réception en France et à l’étranger, la censure, les adaptations théâtrales et musicales ? Et quel est le sens des appropriations sociales au XXe siècle, des interprétations et réinterprétations modernes dans les arts visuels ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Germinal, la mine et les arts essaie de répondre.

Réunissant des études de spécialistes universitaires, ce volume contribue à une histoire littéraire en participant à une histoire culturelle.

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Zola lecteur d’Émile de Laveleye : mémoire et invention

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JEAN-LOUIS CABANÈS

Université de Paris Ouest-Nanterre La Défense

Les notes prises par Zola sur Le Socialisme contemporain, ouvrage de l’économiste belge Émile de Laveleye, ont été rédigées tardivement. Elles sont, si l’on en croit Colette Becker, concomitantes des premiers plans de Germinal1. N’en concluons pas pour autant qu’elles engrangent seulement des « réserves mimétiques2 » que le romancier se proposerait de greffer sur des scénarios et des plans déjà constitués. Certes, on ne saurait oublier que tout roman naturaliste, parce qu’il entend produire un effet de savoir et un effet de vraisemblable, est un récit contraint par le culte du document. Mais l’approche serait sommaire qui se bornerait à considérer les notes réunies à partir de Laveleye comme un dépôt que Zola ventilerait en des lieux stratégiques de Germinal afin d’y produire au mieux l’illusion réaliste. L’écrivain-lecteur qui paraphrase, cite, résume un ouvrage d’économie politique, est un romancier inventif. D’un côté, la lecture du Socialisme contemporain, sélective, partielle et partiale, est tributaire de l’Ébauche, des fiches-personnages déjà rédigées, des métaphores rectrices qui forment le soubassement symbolique du roman et qui se rencontrent dans le dossier préparatoire tel qu’il s’est déjà constitué ; de l’autre, elle est également orientée par ce qu’Henri Mitterand, à la suite de Régine Robin, appelle les préconstruits3. Ces souvenirs, ce déjà su, ce...

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