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«Germinal», la mine et les arts

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Encarnacion Medina Arjona

Paru en 1885, Germinal, le roman de d’Émile Zola, occupe toujours le devant de la scène littéraire et sociale.

Entre viol de la nature et nostalgie d’une poésie champêtre, quelle est l’évolution artistique de la mine dans la littérature française avant Germinal ? Quel sens proposent les textes précurseurs du roman ? Sont-ils évocateurs nostalgiques d’un monde terrible et fraternel ? Que nous révèle la construction du roman, sa genèse, les moments clés tant de l’énonciation que de l’énoncé ? Quel sens a eu le roman pour ses contemporains, pour ses lecteurs, la réception en France et à l’étranger, la censure, les adaptations théâtrales et musicales ? Et quel est le sens des appropriations sociales au XXe siècle, des interprétations et réinterprétations modernes dans les arts visuels ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Germinal, la mine et les arts essaie de répondre.

Réunissant des études de spécialistes universitaires, ce volume contribue à une histoire littéraire en participant à une histoire culturelle.

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Portrait de l’écrivain en mineur. Métapoétique de Germinal

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ÉLÉONORE REVERZY

Université de Strasbourg

L’écrivain du XIXe siècle rêve bien souvent son œuvre au prisme d’autres arts. C’est l’architecture qui lui fournit sans nul doute l’arsenal métaphorique le plus étendu, et partant le plus conventionnel peut-être : l’œuvre est un monument, un édifice, elle est une cathédrale. De Balzac à Proust, en passant par Hugo, Michelet et Huysmans, la métaphore de l’œuvre-cathédrale, pour ne retenir que la plus célèbre, connaît un développement sans précédent1. Le vocabulaire critique reprend à son compte de tels topoï : Balzac est salué par Zola, dans un article de 18702, comme l’architecte d’une « tour de Babel ». L’œuvre enfin élabore des espaces métapoétiques. Les Rougon-Macquart offre ainsi plusieurs analogies architecturales de l’œuvre, à travers les maisons de verre que le romancier invente et met en récit : les pavillons des Halles ou le « Bonheur des Dames », magasin de nouveautés, proposent, dans le récit lui-même, des allégories du roman naturaliste, dans son rêve de clarté et d’exhaustivité bien ordonnée.

À l’opposé de ces métaphores de la construction – métaphores d’élévation, d’unité –, se rencontrent des métaphores du creusement – autour de la figure d’un écrivain ciseleur ou piocheur, voire bûcheur. J’en retiendrai deux : celle qui, sous la plume de Flaubert en 1853, fait de l’artiste une « pompe » qui s’enfonce sous la terre et extrait...

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