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1914 : neutralités, neutralismes en question

Edited By Ineke Bockting, Béatrice Fonck and Pauline Piettre

Alors que l’Europe s’embrase en août 1914 sans que personne n’imagine encore l’ampleur du conflit, les débats sont déjà nombreux sur la pertinence de l’engagement qu’il soit politique, idéologique, économique ou religieux. Les Etats, les groupes d’opinion et les individus optent pour des positions dictées par leur conscience ou par les intérêts politiques. La guerre durant, les neutralismes les plus affirmés vont être mis à mal. Dans le cadre d’une approche historique, géographique, littéraire et artistique, l’objet de cet ouvrage est d’examiner l’évolution des enjeux géopolitiques et des débats d’ordre moral, spirituel ou idéologique qui ont conduit les défenseurs de la neutralité à maintenir leur position pendant toutes ces années ou à s’engouffrer de gré ou de force dans la voie de l’interventionnisme.

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Neutralité et impartialité du Saint-Siège dans la Grande Guerre (Xavier Boniface)

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Neutralité et impartialité du Saint-Siège dans la Grande Guerre

Xavier BONIFACE

Professeur, Université de Picardie Jules Verne Centre d’histoire des sociétés, des sciences et des conflits

« Il ne serait ni convenable, ni utile d’engager l’autorité pontificale dans les litiges mêmes des belligérants […]. Le Vatican n’est pas un tribunal » : c’est ainsi que Benoît XV explique sa position au sujet de la Grande Guerre au journaliste français Louis Latapie, dans une interview controversée, publiée le 22 juin 1915 par l’organe libéral La Liberté1. Le pape légitime alors l’impartialité du Saint-Siège dans le conflit qui déchire l’Europe depuis près d’une année, refusant de soutenir ou de condamner l’un et l’autre camp. Cette option précise la ligne de neutralité qu’il a fixée dès son élection au pontificat, le 3 septembre 1914, à la suite d’ailleurs de Pie X : le Saint-Siège reste officiellement en dehors du conflit, pour des raisons morales, religieuses et humanitaires. Son impartialité le distingue des puissances neutres, qui tendent souvent à favoriser, aider ou ménager l’un des belligérants, ne serait-ce que par la balance de leurs échanges commerciaux ou l’expression de leurs sympathies. L’attitude du Saint-Siège est relativement nouvelle, car il lui était arrivé de prendre parti, même discrètement, au cours des principales guerres européennes des siècles précédents, avant la disparition des États pontificaux en...

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