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1914 : neutralités, neutralismes en question

Edited By Ineke Bockting, Béatrice Fonck and Pauline Piettre

Alors que l’Europe s’embrase en août 1914 sans que personne n’imagine encore l’ampleur du conflit, les débats sont déjà nombreux sur la pertinence de l’engagement qu’il soit politique, idéologique, économique ou religieux. Les Etats, les groupes d’opinion et les individus optent pour des positions dictées par leur conscience ou par les intérêts politiques. La guerre durant, les neutralismes les plus affirmés vont être mis à mal. Dans le cadre d’une approche historique, géographique, littéraire et artistique, l’objet de cet ouvrage est d’examiner l’évolution des enjeux géopolitiques et des débats d’ordre moral, spirituel ou idéologique qui ont conduit les défenseurs de la neutralité à maintenir leur position pendant toutes ces années ou à s’engouffrer de gré ou de force dans la voie de l’interventionnisme.

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La neutralité italienne en 1914 : un choix définitif ? (Frédéric Le Moal)

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La neutralité italienne en 1914 : un choix définitif ?

Frédéric LE MOAL

Lycée militaire de Saint-Cyr et Institut Albert le Grand

L’éclatement de la guerre en Europe surprend la diplomatie italienne dans un moment très délicat. Le royaume tente de se remettre des efforts fournis pour vaincre l’Empire ottoman lors de la guerre de Tripolitaine (1911–1912). Il a donc besoin de paix. C’est la raison pour laquelle, lors des guerres balkaniques, le puissant ministre des Affaires étrangères, le marquis de San Giuliano, s’est échiné d’une part à préserver la paix européenne et d’autre part à défendre les intérêts de l’Italie dans la péninsule des Balkans, zone d’expansion de son influence économique et politique1. Pourtant, l’intensité de la crise de juillet 1914 est telle qu’elle place Rome devant des alternatives dramatiques. Faut-il honorer la Triplice, alliance vieille de trente ans et encore fort utile à l’Italie ? Et dans ce cas combattre aux côtés de l’Autriche l’ennemi héréditaire et finalement à son profit ? Ou bien refuser ce qui est perçu dans les bureaux romains comme un marché de dupes, ne pas respecter l’alliance, trahir ses alliés et surtout l’Allemagne avec laquelle en vérité n’existe aucun contentieux ? Ou encore entrer en guerre avec la Triple Entente, manière efficace de réaliser le grand dessein, à savoir l’achèvement du Risorgimento par la récupération des terres...

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