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Construction du sens : un modèle instructionnel pour la sémantique

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Gilles Col

L'omniprésence de la polysémie dans les langues force à considérer la compréhension des énoncés comme un processus dynamique, dans lequel le sens de chaque unité linguistique se détermine en même temps que se construit le sens global de l'énoncé. Dans cette perspective, cet ouvrage expose un cadre théorique dans lequel la dynamique d'interaction entre unités linguistiques, appelé ici compositionnalité gestaltiste, obéit à un principe de convocation-évocation : les différents composants élémentaires d'un énoncé contribuent à construire une représentation globale dans un espace intersubjectif appelé scène verbale. Le principe de convocation-évocation constitue ce qui définit l’identité de toute unité linguistique et s’exprime sous la forme d’une instruction dynamique de construction du sens. L’ouvrage présente comment sont établies ces instructions à partir d’analyses de certaines unités grammaticales de l’anglais sur corpus annotés, et il expose, dans ce cadre nouveau de la sémantique instructionnelle, une première tentative de modélisation du processus de construction du sens dans son déroulement progressif et dynamique.

«Loin d’être une curiosité isolée de l’esprit, le langage est intimement lié aux autres facultés cognitives et corporelles de l’être humain. La linguistique cognitive nous a ouvert des voies très riches et radicalement nouvelles pour explorer ces liens. Cette démarche est magistralement illustrée dans le présent ouvrage, où Gilles Col développe sa recherche approfondie sur la construction du sens, appuyée par des analyses fines et détaillées, et une érudition hors pair.»

Gilles Fauconnier, Professeur Emeritus de Sciences Cognitives, Université de Californie, San Diego, USA

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Chapitre 3 : L’instruction de over

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L’unité linguistique over est un cas tout particulièrement intéressant à étudier pour illustrer l’approche instructionnelle dans la mesure où elle présente une polysémie très développée ainsi qu’une plurifonctionalité syntaxique également bien étendue. Over peut être identifiée comme un adverbe (over 80 miles), une particule verbale (take over), une préposition (jump over the wall), un adjectif (game over), un nom (He bowled thirty overs in the match, dans le domaine du cricket) mais aussi un préfixe très productif (on compte pas loin de 2000 mots préfixés dans le Oxford English Dictionary). La conséquence de cette multiplicité de fonctions est la multiplicité de cotextes dans lesquels over apparaît1 et la difficulté à cerner sa sémantique.

Beaucoup d’études, parmi les plus novatrices, se sont consacrées à deux aspects de over : son sens spatial tout d’abord, et son rôle de préposition. Les travaux de Lakoff (1987), Dewell (1994), Deane (1993), pour ne citer que ceux-ci, ont tenté d’énumérer les sens possibles de over, dans ces différents usages. Le résultat (que l’on détaille plus bas) n’est guère satisfaisant car les descriptions proposées sont pour la plupart statiques et vise l’exhaustivité. Ces travaux se situent dans le champ de la linguistique cognitive, et sur ce plan-là, ils sont aussi non satisfaisants : on peut en effet douter que les humains aient accès à un répertoire de sens parmi...

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