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Conflit et coopération France – Allemagne XIXe–XXe siècle

Mélanges en l’honneur d’Anne-Marie Saint-Gille

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Edited By Jean-Michel Pouget

Cet ouvrage regroupe quatorze contributions d’universitaires germanistes qui ont souhaité rendre hommage à leur collègue Anne-Marie Saint-Gille dont les travaux de recherche et l’enseignement ont principalement porté sur la construction de la paix en Europe. Les contributeurs interrogent les relations franco-allemandes qui ont toujours constitué l’un des enjeux majeurs de la paix sur le continent européen. Couvrant le XIXe et le XXe siècle, les articles réunis permettent de dégager l’une des constantes les plus remarquables des relations France-Allemagne : l’attirance mutuelle des deux voisins tiraillés depuis plus de deux siècles entre une volonté de coopération et la tentation du conflit.

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L’apprentissage d’un mouvement ouvrier à l’étranger : quelques réflexions sur l’émigration ouvrière allemande sous la monarchie de Juillet (1830–1848) (Gudrun Mattes)

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GUDRUN MATTES

L’apprentissage d’un mouvement ouvrier à l’étranger : quelques réflexions sur l’émigration ouvrière allemande sous la monarchie de Juillet (1830–1848)

Pendant la monarchie de Juillet, la ville de Paris abrite un phénomène original : parmi les multiples artisans d’origine étrangère se trouve un groupe important d’artisans-compagnons allemands qui s’organisent entre eux et forment les tout premiers débuts d’un mouvement ouvrier allemand. Il s’agit de la « Ligue des bannis » (Bund der Geächteten) qui se transforme en 1836 en « Ligue des justes » (Bund der Gerechten) et qui devient pour sa part au début de l’année 1848 la « Ligue des communistes » (Bund der Kommunisten). La singularité de ce phénomène consiste dans le fait que cette naissance d’un mouvement ouvrier ne se produit pas en Allemagne mais à l’étranger, et notamment à Paris. Certes, en Suisse, en Belgique et en Angleterre existent également des populations de compagnons allemands, mais c’est en France – et particulièrement à Paris – qu’ils s’organisent pour la première fois, se nomment fièrement « ouvriers »1 et expriment ainsi une conscience de classe balbutiante. ← 65 | 66 →

Wolfgang Schieder a été le premier à étudier les organisations ouvrières allemandes à Paris2, en effectuant de vastes études d’archives. D’autres études d’archives ont suivi de la part des chercheurs de la RDA sur les documents fondateurs de ces organisations allemandes à l’étranger3 dans le souci de démontrer la continuité entre les formations diverses....

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