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Conflit et coopération France – Allemagne XIXe–XXe siècle

Mélanges en l’honneur d’Anne-Marie Saint-Gille

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Edited By Jean-Michel Pouget

Cet ouvrage regroupe quatorze contributions d’universitaires germanistes qui ont souhaité rendre hommage à leur collègue Anne-Marie Saint-Gille dont les travaux de recherche et l’enseignement ont principalement porté sur la construction de la paix en Europe. Les contributeurs interrogent les relations franco-allemandes qui ont toujours constitué l’un des enjeux majeurs de la paix sur le continent européen. Couvrant le XIXe et le XXe siècle, les articles réunis permettent de dégager l’une des constantes les plus remarquables des relations France-Allemagne : l’attirance mutuelle des deux voisins tiraillés depuis plus de deux siècles entre une volonté de coopération et la tentation du conflit.

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« Le but, c’était l’Europe » : la Sarre autonome entre Europe et Allemagne (Jean-Paul Cahn)

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JEAN-PAUL CAHN

« Le but, c’était l’Europe »1 : la Sarre autonome entre Europe et Allemagne

Lorsqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale les troupes françaises prirent en charge l’occupation du territoire sarrois des considérations de réparations et de sécurité primaient. En 1944 l’annexion était encore privilégiée pour satisfaire « toutes les exigences de l’économie française »2. Mais peu à peu l’absence d’interlocuteurs allemands et de négociations sur un traité de paix ainsi que l’évolution générale des relations internationales obligèrent Paris à imaginer des solutions répondant aux intérêts français sans obérer l’avenir : détachement du territoire de l’Allemagne et renforcement des secteurs faibles de l’économie française, donc autonomie et union économique franco-sarroise soutenues par une politique d’ « assimilation ».

A partir de 1949 l’indépendance de la Sarre de l’Allemagne se fragilisa. Sur place le sentiment d’être privilégié par rapport aux zones d’occupation cédait peu à peu la place au regret d’être défavorisé – dans l’attribution des aides du plan Marshall par exemple. Au plan international le statut d’autonomie, toléré par les occupants, fut contesté par le premier chancelier fédéral. Jusqu’alors portées par des partis et des régions, les protestations allemandes l’étaient désormais par une autorité centrale. Le poids et la marge de manœuvre de Bonn restaient contraints, mais Paris et Sarrebruck...

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