Show Less
Restricted access

Les modernes d’Egypte

Une renaissance transnationale des Beaux-Arts et des Arts appliqués

Series:

Nadia Radwan

Cet ouvrage explore un moment clef du développement de l’art moderne égyptien, lorsque sont définis les fondements d’une nouvelle pratique artistique au début du 20ème siècle. Basé sur un important travail de terrain mené en Egypte et sur des documents d’archives jusqu’ici inexplorés, il se centre sur une génération de peintres et de sculpteurs appelés les pionniers (al-ruwwad). Formés dans des institutions telles que l’Ecole des Beaux-Arts du Caire, leur production s’inscrit dans un mouvement de renaissance artistique et reflète les multiples interactions transculturelles entre l’Egypte et l’Europe. Cette étude offre ainsi un regard nouveau sur ces artistes qui ont posé les jalons du modernisme égyptien et met en lumière une production jusqu’ici peu étudiée. Tandis que l’on aborde aujourd’hui l’histoire de l’art dans une perspective globale à la lumière de circulations, d’échanges et de réseaux, elle offre un point d’ancrage permettant de mieux appréhender les dynamiques et les enjeux actuels de l’art contemporain au Moyen-Orient.

In this book, Nadia Radwan explores a key moment of the development of modern Egyptian art, when the foundations of a new artistic practice are defined in the early 20th century. Based on field work and unexplored archival material, this work focuses on a generation of painters and sculptors commonly referred to as the pioneers (al-ruwwad). Trained in institutions, such as the School of Fine Arts in Cairo, their production is inscribed in a project of artistic renaissance and reflects multiple transcultural interactions between Egypt and Europe. This publication thus re-evaluates these artists that opened the path to Egyptian modernism and sheds light their yet understudied production. While art history is now approached in the perspective of circulations, exchange and networks, this book offers a background to a better comprehend the dynamics and stakes of contemporary art in the Middle East and intends to contribute to the cartographic constellation of a world art history.

Show Summary Details
Restricted access

Avant-propos

Extract



Le 27 mars 2011, le Musée Mahmoud Moukhtar organisait une manifestation en l’honneur de l’artiste Ahmed Bassiouny (1978–2011), martyr de la Révolution, décédé à l’âge de 32 ans au cours du soulèvement du 28 janvier de la même année. Artistes, activistes et personnalités de la sphère culturelle cairote s’étaient précipités, à cette occasion, dans une salle aménagée au sous-sol du Musée. Tous étaient présents pour rendre hommage à Ahmed Bassiouny, jeune plasticien reconnu pour ses installations sonores et professeur assistant à la Faculté d’Education artistique de l’Université d’Helouan1. Après plusieurs témoignages éloquents de la part de ses collègues et amis et quelques récitations spontanées de poésie, une projection de photographies accompagnée d’un chant patriotique diffusait, en alternance, des images de la vie et l’œuvre de Bassiouny et du sculpteur Mahmoud Moukhtar (1891–1934), lui-même arrêté et incarcéré lors d’une autre révolution, celle de 1919.

Cette analogie entre un jeune artiste et militant contemporain et un sculpteur qui avait marqué le début du XXème siècle soulevait plusieurs questions : pourquoi se référait-on à cette période spécifique de l’histoire dans le contexte d’une révolution contemporaine ? Que nous révélait-elle de la relation entre art, politique et pratique artistique en Egypte ? Quel rôle l’artiste égyptien avait-il joué dans les moments clefs de l’histoire moderne du...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.