Show Less
Restricted access

Les pionniers de la Nouvelle peinture en Iran

Œuvres méconnues, activités novatrices et scandales au tournant des années 1940

Series:

Alice Bombardier

« Nous avons vécu une période particulièrement difficile. Il n’y avait aucune direction connue dans notre travail. Pas à pas, nous avons dépassé l’effroi de l’égarement et découvert le plaisir de domaines nouveaux... Mais les critiques n’étaient pas de notre côté, aucune valeur sociale n’était attachée à nos travaux. » C’est en ces termes que le peintre Ahmad Esfandiari (1922-2012) décrit l’effervescence des années 1940 durant lesquelles un style pictural novateur – la Nouvelle peinture – apparaît en Iran.
A l’appui d’archives et d’entretiens, cet ouvrage tente de restituer la flamme qui a animé ces artistes-pionniers : leur esprit d'innovation face à une tradition artistique multiséculaire ; les risques pris, les transgressions osées et soutenues contre vents et marées. Ils furent les premiers à explorer des terres inconnues, annonciatrices de la modernité. Nombreuses furent les résistances : procès en justice, vandalisme, censure, interdiction de publier leurs revues. Aujourd’hui encore, leur héritage demeure paradoxalement occulté. Leur détermination et leur force de conviction ont pourtant suscité des mutations artistiques majeures, sources de changements sociaux non moins importants.

Show Summary Details
Restricted access

L’Association du Coq Combattant : scandales, procès et censure

Extract



Engageons-nous à présent dans les aléas si riches d’enseignements du cheminement associatif emprunté par les précurseurs de la Nouvelle peinture. L’Iran possède des modalités ancestrales de réunion, qui s’étendent bien au-delà des milieux artistiques et qui structurent le fonctionnement des groupements d’artistes par la transmission de pratiques et rites sociaux. Ces modalités traditionnelles de rassemblement sont désignées en persan par les termes heyat et dowreh.1 Elles ont au départ un caractère religieux mais revêtent aussi des fonctions sociales et économiques, voire politiques. Elles sont en général patronnées par un riche commanditaire et organisées de manière plus ou moins régulière pour animer le quotidien ou planifier de grandes occasions au sein de communautés de quartiers ou corporations de métiers. Par ailleurs, il faut savoir que l’association possède en Iran un statut juridique mis en place sous Reza Shah sur un mode comparable à celui de la loi française de 1901. L’introduction de cette législation a fait à cette époque partie intégrante du processus de modernisation du pays.

Toutefois, sous le règne de Reza Shah, les possibilités d’association sont demeurées très encadrées. Après que le Shah ait ordonné la dissolution des partis politiques en 1927, une possibilité d’association a subsisté au sein des clubs, nombreux à cette époque (le Club Iran, la Société littéraire Farhang ou le Foyer...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.