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Pourquoi les migrants vivent-ils plus longtemps ?

Les inégalités face à la mort en Suisse (1990–2008)

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Jonathan Zufferey

Dans les sociétés postindustrielles contemporaines, les migrants ont généralement des risques de décès inférieurs aux populations des pays d’accueil bien qu’ils soient tendanciellement plus vulnérables en raison de moindres capitaux humains, sociaux et économiques. Il s’agit là d’un véritable paradoxe épidémiologique car ces facteurs sont considérés comme les causes fondamentales des inégalités de longévité. A travers le prisme de la société suisse, cette thèse présente les dernières tendances en termes de mortalité différentielle entre les populations suisse et étrangères. Par une vision globale et compréhensive, nous mettons en exergue les particularités des populations migrantes afin d’offrir des clés d’interprétation à ce fameux paradoxe. L’étude tente d’approcher la migration dans toute sa profondeur en investiguant les différentiels en fonction de l’origine et du statut migratoire. En partant des outils de la démographie classique, en passant par des modèles de régression et des arbres d’induction, pour finir par des modèles multiniveaux exprimant des risques spatiaux, la connaissance des processus et des populations s’affermit. Au terme de ce manuscrit, nous aboutissons à une synthèse sur les principaux mécanismes explicatifs. La discussion reviendra sur deux axes clés qui expriment, selon nous, l’essentiel de l’avantage observé : des biais de sélection à l’entrée et à la sortie ainsi qu’une « culture de la migration ».

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Chapitre 6: Les causes de décès

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Chapitre 6Les causes de décès

Ce chapitre investigue l’origine des inégalités de mortalité à travers les causes du décès. La classification des causes de décès a connu d’importants développements et tente de répondre aux principaux défis épidémiologiques de chaque période. Si diverses classifications ont émergé au fil du temps, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dicte aujourd’hui les règles en proposant un standard international, une nomenclature de la mortalité qui en est à sa dixième révision : l’International Classification of Diseases (ICD-10) (World Health Organisation 2002). Adoptée dès 1994, la dixième classification internationale des maladies propose un découpage très fin de la mortalité, avec près de 38 000 issues fatales possibles. Elle se base alternativement sur des axes étiologique et anatomique (Meslé 2002). Cette distinction permet d’appréhender des causes selon leur géographie corporelle (maladies du système nerveux, maladies de l’appareil respiratoire), et pour d’autres, dont la localisation est moins importante que la nature, selon la dimension étiologique (maladies infectieuses, cancers, morts violentes).

Il est parfois très délicat pour le corps médical de spécifier précisément la cause étant à l’origine du décès, en particulier pour des personnes en âge avancé qui souffrent simultanément de plusieurs pathologies en phase terminale (Monnier et Pennec 2004). C’est pour cette raison que les certificats de décès prennent en compte...

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