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Pourquoi les migrants vivent-ils plus longtemps ?

Les inégalités face à la mort en Suisse (1990–2008)

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Jonathan Zufferey

Dans les sociétés postindustrielles contemporaines, les migrants ont généralement des risques de décès inférieurs aux populations des pays d’accueil bien qu’ils soient tendanciellement plus vulnérables en raison de moindres capitaux humains, sociaux et économiques. Il s’agit là d’un véritable paradoxe épidémiologique car ces facteurs sont considérés comme les causes fondamentales des inégalités de longévité. A travers le prisme de la société suisse, cette thèse présente les dernières tendances en termes de mortalité différentielle entre les populations suisse et étrangères. Par une vision globale et compréhensive, nous mettons en exergue les particularités des populations migrantes afin d’offrir des clés d’interprétation à ce fameux paradoxe. L’étude tente d’approcher la migration dans toute sa profondeur en investiguant les différentiels en fonction de l’origine et du statut migratoire. En partant des outils de la démographie classique, en passant par des modèles de régression et des arbres d’induction, pour finir par des modèles multiniveaux exprimant des risques spatiaux, la connaissance des processus et des populations s’affermit. Au terme de ce manuscrit, nous aboutissons à une synthèse sur les principaux mécanismes explicatifs. La discussion reviendra sur deux axes clés qui expriment, selon nous, l’essentiel de l’avantage observé : des biais de sélection à l’entrée et à la sortie ainsi qu’une « culture de la migration ».

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Avant-propos

Avant-propos

J’aimerais remercier toutes les personnes qui ont, de près ou de loin, contribué à la réalisation de cette thèse. Mes premiers mots vont vers mes co-directeurs, Michel Oris et Gilbert Ritschard qui m’ont avant tout guidé et soutenu mais qui ont aussi relu attentivement mes feuilles. Ils m’ont en outre permis de réaliser ce long travail dans un cadre agréable et dynamique. Je remercie également les membres du jury, Matthias Bopp, Patrick Deboosere et Philippe Wanner, pour leur analyse critique de la première version de ce manuscrit.

Je me dois aussi d’évoquer le cadre institutionnel qui a permis un déroulement favorable à cette thèse. Le nccr LIVES m’a permis de participer à des écoles doctorales stimulantes et de rencontrer tant des chercheurs accomplis qu’en devenir. Sans la Swiss National Cohort1, cette thèse n’aurait simplement pas pu être possible, car elle a concédé à partager les riches données qu’elle a dû longuement préparer. Je remercie également l’Office fédéral de la statistique pour son soutien à la Swiss National Cohort et pour avoir donné accès aux registres de mortalité et aux recensements.

Je tiens aussi à remercier mes collègues de travail de différents horizons – du département des sciences économiques, au laboratoire de démographie, en passant par le centre interfacultaire de gérontologie et le département de sociologie – avec qui j’ai eu la chance d’échanger, de collaborer et surtout d’apprendre ; une pensée particulière pour William, Ilka, Alexandre, Nicolas, Reto S. et Manuela qui ont, chacun à leur manière, influencé positivement mes années de doctorat et sa réalisation. Encore un merci à mon frère Dimitri qui a notamment relu les quelques pages de ce manuscrit. ← XI | XII → ← XII | 1 →


1      Les membres du groupe d’étude de la Swiss National Cohort sont Matthias Egger (Chairman of the Executive Board), Adrian Spoerri and Marcel Zwahlen (tous de Berne), Milo Puhan (Chairman of the Scientific Board), Matthias Bopp (les deux de Zurich), Nino Künzli (Bâle), Fred Paccaud (Lausanne) et Michel Oris (Genève).