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« De l’âme à la plume ». Les lettres de Charles Gounod à la duchesse Colonna, dite Marcello

Edited By Delphine Vincent

Les lettres de Charles Gounod à la duchesse Colonna, sculptrice de renom sous le pseudonyme de Marcello, sont d’un immense intérêt. De caractère intime, elles offrent également des informations sur les projets du compositeur (dont un opéra inachevé d’après l’histoire de Francesca da Rimini), les détails matériels de son activité, son manque d’inspiration, ainsi que sur ses conceptions esthétiques et philosophiques. Entre la création de Roméo et Juliette en 1867 et la fuite de Gounod en Angleterre en 1870, les deux amis partagent leurs joies et leurs préoccupations tant artistiques que personnelles. Cet échange épistolaire enrichit considérablement la compréhension de la personnalité humaine et créatrice de Gounod, ainsi que de son milieu culturel.

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Introduction

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Il est bien connu que les femmes ont tenu une place importante dans la vie de Charles Gounod, assumant le rôle de muse et lui inspirant le plus souvent une amitié proche de l’inclinaison amoureuse. La duchesse de Castiglione Colonna (1836-1879), sculptrice de renom sous le pseudonyme de Marcello, fut l’une d’entre elles. Cette relation a longtemps été ignorée des biographes – et même de la famille de Gounod – car les lettres de la duchesse Colonna ont été détruites et sa mention soigneusement évitée par un compositeur soucieux de la quiétude de son ménage. Toutefois, les missives écrites par Gounod dépassent ce cadre et révèlent une amitié profonde, ainsi qu’une forte émulation artistique. Nous publions cette correspondance – dont certains passages sont connus, mais qui n’a encore jamais été éditée dans son entier – car elle permet, malgré son côté lacunaire, de reconstituer une partie de la relation des deux amis, qui a été aussi importante pour l’un que pour l’autre et a influencé leurs créations respectives, ainsi éclairées d’une lumière nouvelle.

La duchesse Colonna, née Adèle d’Affry, voit le jour en 1836 à Fribourg en Suisse – le château familial est situé à Givisiez, une bourgade à quelques kilomètres du chef-lieu – où elle reçoit une éducation digne de sa condition (dessin, aquarelle, musique).1 Jeune fille, elle prend des cours dans l’atelier romain du sculpteur suisse Heinrich-Maximilian Imhof (1795-1869), mais est d...

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