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Figures de l’infini

Du panthéisme de Schelling à Mallarmé

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Morgan Gaulin

Héritier d’une longue tradition pour laquelle la nature est un être vivant en devenir (natura naturans), Stéphane Mallarmé est l’auteur d’une physiologie des lettres qui le mène à concevoir la littérature comme un organisme. Nous inscrivons le poète dans une histoire des idées qui remonte par-delà Poe et Baudelaire à Mme de Staël et au philosophe de la nature Friedrich Schelling, qui voyait dans le concept d’organisme un infini immanent au fini, un infini actuel. S’exprime, dès lors, de Schelling à Mallarmé, un panthéisme organique qui prend tour-à-tour la forme d’un panthéisme de la nature puis d’un panthéisme littéraire qui s’affranchit de la substance fixe du spinozisme. La première partie de cet ouvrage examine les fondements philosophiques et théologiques de ce panthéisme ainsi que son transfert en France chez des auteurs tels que Cousin, Renan, Vacherot, Séailles et Littré. La seconde partie présente cet organicisme en tant qu’il est, chez Mallarmé, le produit d’une doctrine du mot comme dépositaire de la vie (Les Mots anglais).

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Chapitre II – Le panthéisme littéraire de Mallarmé

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Chapitre II Le panthéisme littéraire de Mallarmé

« Je suis hanté… l’azur ! l’azur ! l’azur ! l’azur ! »

(Mallarmé, O.C., tome 1, p. 121)

Selon la doctrine du panthéisme le fini et l’infini ne sont point simplement opposés mais participent d’un mouvement réel, observable dans la nature et qui les amène à se combiner de diverses manières. À ce titre, Schelling considère les choses finies comme des entités « finies-infinies1 » puisque l’absolu relie et tient ensemble le fini et l’infini. Schelling, cependant, présuppose l’existence d’un absolu qui englobe l’ensemble de toutes les oppositions possibles et lorsque le fini est contemplé comme un simple phénomène empirique il cesse d’être un fini-infini pour ne devenir qu’un terme limité, particulier et isolé. Afin que le fini puisse être envisagé comme le reflet de l’infini, Schelling avait besoin de l’absolu qui tenait tout ensemble. Mallarmé quant à lui va plus loin que Schelling et arrive à considérer l’inclusion du fini dans l’infini en tant que tel, sans faire référence à un quelconque absolu.

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