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Contre-cultures et littératures de langue allemande depuis 1960

Entre utopies et subversion

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Achim Geisenhanslüke, Yves Iehl, Nadia Lapchine and Françoise Lartillot

Cet ouvrage se propose d’étudier la réception des contre-cultures des années 1960 dans la prose et la poésie de langue allemande. La notion de « contre-culture » est envisagée au sens défini par Theodore Roszak (The making of a counter culture, 1968) comme mouvement d’opposition aux valeurs de la culture dominante porté par « l’utopie concrète » d’une société synonyme d’épanouissement de l’individu, dans l’esprit de l’hédonisme freudo-marxiste du philosophe Herbert Marcuse. Les contributions réunies dans ce volume étudient les processus de littérarisation des phénomènes contre-culturels et font ressortir la fonction subversive et émancipatrice de la littérature à partir de 1968, et notamment l’étroite corrélation que l’on a pu observer à cette époque entre protestation politique, sociale et artistique. Il s’est avéré que la révolution culturelle s’est accompagnée d’une authentique révolution esthétique et d’un processus inédit de libération de l’art qui ont durablement modifié les domaines de la prose et de la poésie en suscitant en RFA l’avènement de la postmodernité et de la littérature Pop. Une attention particulière a été portée au phénomène très spécifique de la « littérature grise » du Prenzlauer-Berg qui constitue un exemple inédit de subculture littéraire en RDA. A partir des années 1970, la notion de subversion tend à se substituer à celle d’engagement, devenue caduque après le constat de l’échec des utopies réalisées. Bien qu’elle ait pu prendre ses distances avec les audaces d’une époque où changer le monde semblait encore possible, la littérature n’en continue pas moins, en dépit des vicissitudes de l’Histoire, à affirmer sa réalité profonde de « contre-discours ».

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La « révolution intérieure » de Friederike Mayröcker, Ernst Jandl et Andreas Okopenko (Élisabeth Kargl / Aurélie Le Née)

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Élisabeth Kargl & Aurélie Le Née*

La « révolution intérieure » de Friederike Mayröcker, Ernst Jandl et Andreas Okopenko

Lors d’une interview accordée en 2001, Friederike Mayröcker revient sur la création littéraire en Autriche dans les années 1950, en soulignant le besoin de renouveau d’un certain nombre d’auteurs tels que Andreas Okopenko, Ernst Jandl ou les membres du Groupe de Vienne, et en considérant leur production poétique comme l’expression d’une « révolution intérieure » :

[Paul Jandl und Andreas Breitenstein] Sie haben in den fünfziger Jahren zu schreiben begonnen, und damals war ja schon eine neue ästhetische Form auch eine Art politischer Protest. Diese Funktion ist ja heute so sehr verloren gegangen wie die Avantgarde selbst.

[Friederike Mayröcker] Wir haben uns als Avantgarde gefühlt und haben damals natürlich sehr viel Staub aufgewirbelt, was uns natürlich nur recht war. Ich finde das heute noch schön, dass uns das gelungen ist, Andreas Okopenko, der Wiener Gruppe, Ernst Jandl, mir und einigen anderen. Wir haben uns innerlich aufgerufen gefühlt, alles umzustürzen. Die damaligen Verhältnisse haben uns überhaupt nicht gepasst. Das, was sich mit der Sprache ereignet hat, hat uns empört. […] Es war eine Art Revolution. Eine innerliche Revolution, die wir wohl alle damals vor Augen hatten. Ich war nie für äusserliche Revolutionen1.

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