Show Less
Restricted access

Contre-cultures et littératures de langue allemande depuis 1960

Entre utopies et subversion

Series:

Edited By Achim Geisenhanslüke, Yves Iehl, Nadia Lapchine and Françoise Lartillot

Cet ouvrage se propose d’étudier la réception des contre-cultures des années 1960 dans la prose et la poésie de langue allemande. La notion de « contre-culture » est envisagée au sens défini par Theodore Roszak (The making of a counter culture, 1968) comme mouvement d’opposition aux valeurs de la culture dominante porté par « l’utopie concrète » d’une société synonyme d’épanouissement de l’individu, dans l’esprit de l’hédonisme freudo-marxiste du philosophe Herbert Marcuse. Les contributions réunies dans ce volume étudient les processus de littérarisation des phénomènes contre-culturels et font ressortir la fonction subversive et émancipatrice de la littérature à partir de 1968, et notamment l’étroite corrélation que l’on a pu observer à cette époque entre protestation politique, sociale et artistique. Il s’est avéré que la révolution culturelle s’est accompagnée d’une authentique révolution esthétique et d’un processus inédit de libération de l’art qui ont durablement modifié les domaines de la prose et de la poésie en suscitant en RFA l’avènement de la postmodernité et de la littérature Pop. Une attention particulière a été portée au phénomène très spécifique de la « littérature grise » du Prenzlauer-Berg qui constitue un exemple inédit de subculture littéraire en RDA. A partir des années 1970, la notion de subversion tend à se substituer à celle d’engagement, devenue caduque après le constat de l’échec des utopies réalisées. Bien qu’elle ait pu prendre ses distances avec les audaces d’une époque où changer le monde semblait encore possible, la littérature n’en continue pas moins, en dépit des vicissitudes de l’Histoire, à affirmer sa réalité profonde de « contre-discours ».

Show Summary Details
Restricted access

Les Essais choisis d’Annett Gröschner : une contre-mémoire de la vie est-allemande (Isabelle Ruiz)

Extract

Isabelle Ruiz*

Les Essais choisis d’Annett Gröschner : une contre-mémoire de la vie est-allemande

Annett Gröschner est née en 1964 à Magdebourg. Elle vit à Berlin depuis 1983. Elle a étudié la germanistique à Berlin-Est puis à Paris entre 1983 et 1991. Elle a co-fondé et co-rédigé la revue féministe berlinoise Ypsilon entre 1990 et 1991. Parallèlement, elle a effectué des recherches sur l’histoire locale de Berlin pour le Musée du Prenzlauer Berg1. Entre 1994 et 1998 elle a fait partie avec Stefan Döring et Bert Papenfuß du comité éditorial des revues Sklaven et Sklavenaufstand, issues de la scène underground du Prenzlauer Berg, en particulier du groupe d’artistes « Sklavenmarkt » (1996–2000) qui se voulait le rendez-vous de l’opposition culturelle2, à l’époque où commença l’embourgeoisement du Prenzlauer Berg. Le livre dont il va être question, paru en 1999, rassemble 33 « essais choisis »,←575 | 576→ reportages, et enquêtes sur l’Allemagne de l’Est, parus entre 1990 et 1998 dans Ypsilon et Sklaven, mais aussi dans Scheinschlag3, dans Freitag4, dans Moosbrand – Neue Texte5, Lila offensive, collectif féministe depuis 1989.

Par la suite Annett Gröschner a publié une dizaine de livres, y compris des romans, toujours marqués par sa sensibilité féministe et anarchiste et par son intérêt pour l’histoire locale. Son positionnement contre-culturel du point de vue esthétique et politique était particulièrement bien représenté dans son premier livre d’essais choisis, qu’on peut classer...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.