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Grammaire de la période

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Edited By Alain Berrendonner

Entre les modèles de la phrase produits par la syntaxe, et les modèles du discours inspirés par la pragmatique, il y a eu longtemps – et il y a encore – une solution de continuité, qui se manifeste notamment par le recours, de part et d’autre, à des unités d’analyse disparates. Ce livre est né d’une tentative pour réduire cet hiatus théorique, et proposer un modèle unifié de la combinatoire discursive, du morphème à la période (paragraphe tonal). Une telle entreprise conduit fatalement à abolir certaines frontières mal placées (à commencer par celles de la phrase), et par là, à remettre en cause les cloisonnements entre sous-disciplines établies. Elle contribue ainsi à l’avènement d’une linguistique défragmentée.

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II. De la clause à l’énonciation : les unités de base de la macro-syntaxe

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Deuxième partie De la clause à l’énonciation : les unités de base de la macro-syntaxe Chapitre III Les clauses : délimitation syntaxique A. Berrendonner 1. Principes de segmentation Dans les données brutes soumises à l’analyse linguistique (textes écrits, transcriptions orthographiques d’enregistrements sonores), chaque énon- ciation n ’est bien souvent retracée que par la clause qu’elle actualise. En pratique, identifier les énonciations se ramène alors à une tâche de segmen- tation de chaînes : on doit être capable de délimiter dans un continuum textuel chacune des clauses successivement actualisées. Or, cette tâche ne va pas de soi. On a souvent bien du mal à déterminer si deux fragments de texte contigus forment une seule clause, ou deux. Il y a donc lieu de préci- ser les critères, essentiellement syntaxiques, sur lesquels nous allons fon- der nos découpages, et du même coup décider de l’existence de chaque énonciation. 1.1 . La notion de rection 1.1.1. A la suite de Hjelmslev, nous faisons l’hypothèse que les divers rapports grammaticaux qui forment la structure interne d’une clause peu- vent être ramenés à une seule et unique relation de base : l’implication entre occurrences, ou rection. Elle se définit ainsi : Le segment A régit le segment B si l ’occurrence de B implique, au sens logique du terme, celle de A (= on ne peut pas avoir B sans A). Soit : « A ← B ». (Il est évidemment possible que deux éléments se régissent...

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