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Des organisations «dynamiques» de l’oral

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Edited By Elisabeth Richard

Longtemps déconsidérée ou traitée seulement par la négative, c’est la langue orale et sa désorganisation apparente, si souvent dénoncée, qui motivent le présent ouvrage. Comment appréhender ce flux de paroles continu ? A défaut de le maîtriser, comment en rendre compte, pour au moins l’observer, le (re-)connaître, en comprendre la dynamique, voire le modéliser ?
La problématique centrale de cet ouvrage est celle de l’organisation des productions orales. Les études rassemblées ici visent à la recherche d’unités stables, d’invariants prosodiques et/ou syntaxiques, d’unités de sens au-delà des variations contextuelles. Elles mettent au jour des modèles d’organisation propres à la langue orale selon deux fils directeurs : 1. Une organisation en temps réel ; 2. Une organisation discursive.
Cet ouvrage fait le point sur les apports des analyses les plus récentes aux divers champs de la linguistique de l’oral et démêle le faisceau des traits caractéristiques de l’organisation dynamique de la langue orale.

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Entre frontières et unité, à la recherche de modèles organisateurs de la langue orale. Préambule (Élisabeth Richard)

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Entre frontières et unité, à la recherche de modèles organisateurs de la langue orale

Préambule1

ÉLISABETH RICHARD

Université Rennes 2, EA 3874, LIDILE

« L’homme a appris de la nature les principes des choses, le mouvement des flots a fait naître dans son esprit l’idée de rythme, et cette découverte primordiale est inscrite dans le terme même. » (Émile Benveniste2)

Langue orale, langue parlée, langue en continu, langue spontanée, langue (conversation) naturelle, langue (données orales) non planifiée(s), de toutes ces dénominations – dont chaque contributeur choisit l’usage en fonction de la théorie dans laquelle s’inscrit son étude – nous retenons les qualificatifs a priori nécessaires à la caractérisation de cette langue pourtant première chez tout locuteur. La langue que cet ouvrage souhaite exhiber et soumettre à l’analyse linguistique, c’est la langue spontanée, improvisée3, irréductiblement momentanée car soumise aux lois d’une temporalité insaisissable, une langue en quelque sorte affranchie d’une normativité qui lui sera imposée par le passage à la langue écrite.

Longtemps déconsidérée ou traitée seulement par la négative, la langue orale est devenue, depuis les recherches entamées par Claire Blanche-Benveniste4, un objet légitime de la recherche en linguistique. ← 27 | 28 → D’abord en comparaison avec la langue écrite. On peut ainsi souligner que, contrairement à ce qui se produit à l’écrit, qui permet de planifier,...

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