Show Less
Restricted access

L’interrogative en français

Series:

Edited By Marie-José Béguelin, Aidan Coveney and Alexander Guryev

Du fait de leur intrigante variété formelle, les interrogatives totales et partielles du français ont fait l’objet, au cours des années écoulées, d’une foule de recherches en syntaxe et en sociolinguistique, alors que d’autres courants tels que la rhétorique ou la pragmatique rivalisaient d’ingéniosité pour rendre compte de leur variabilité sémantique. Afin d’enrichir le débat, le présent ouvrage propose une réflexion à large spectre sur les tours interrogatifs du français, leur marquage syntaxique et intonatif, les paramètres linguistiques ou sociaux susceptibles de déclencher, dans un contexte donné, le choix d’une variante interrogative plutôt qu’une autre ; l’ouvrage traite en outre des propriétés sémantiques et inférentielles des interrogatives, ainsi que des fonctions discursives et narratologiques qui leur sont dévolues.

Les auteurs appuient leurs analyses sur des exemples attestés, parfois tirés de corpus spécifiques (dialogues de films de banlieue, textos, Fables de La Fontaine, bandes dessinées...). Ils manifestent un éclectisme théorique qui nous semble nécessaire pour appréhender de manière non réductrice cet objet complexe, aux multiples facettes.

Show Summary Details
Restricted access

9. « Serait-ce elle la coupable, o sarà invece lui ? » L’insinuation au moyen des questions en français et en italien : quelles formes pour quels effets ? (Corinne Rossari)

Extract

| 229 →

9. « Serait-ce elle la coupable, o sarà invece lui ? » L’insinuation au moyen des questions en français et en italien : quelles formes pour quels effets ?

CORINNE ROSSARI

Université de Neuchâtel

1. Introduction

Le point de départ de cette contribution est le contraste illustré par mon titre entre l’italien et le français dans des questions à valeur d’insinuation. Comme le relève M. Squartini (2004), en français c’est le conditionnel qui est utilisé dans ce genre de configuration alors qu’en italien c’est le futur.

(1) Qu’en pensez-vous, serait-il au bureau? (> Squartini, 2004 : 71)

(2) Che cosa pensare, sarà in ufficio?

Dans cet emploi, le conditionnel en français, comme le futur en italien, signale que la question se présente comme une hypothèse tirée à partir d’indices. C’est cette indication qui lui donne une valeur d’insinuation. Ce conditionnel est étudié entre autre par P. Dendale (2010) qui le dénomme « comme conditionnel de conjecture, par analogie avec le futur conjectural ou futur de conjecture avec lequel il est souvent mis en rapport » (Dendale, 2010 : 291) et qui le range ainsi conformément à L. Tasmowski (2001) comme ayant un sens évidentiel, à savoir comme donnant une indication sur la source de l’information, en l’occurrence l’inférence faite par le locuteur même.

Un troisième groupe d’emplois du conditionnel appelé très souvent également modal, mais qui contient en...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.