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Ferdinand Raimund et le renouvellement de la féerie viennoise

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Fanny Platelle

L’ouvrage étudie la manière dont Ferdinand Raimund (1790-1836) reprend et transforme les conventions de la féerie viennoise, dans le théâtre populaire viennois marqué par de fortes contraintes institutionnelles et dramaturgiques. Il analyse les changements concernant la conception des pièces (recherche d’une alliance adéquate du sérieux et du comique), l’univers surnaturel (reflet des idéaux humains et de leur ébranlement) et le personnage comique (qui devient un modèle moral). Il évalue enfin la réception de ce théâtre et son caractère « populaire ». La prise en compte des manuscrits autographes et la comparaison avec ceux de censure et de théâtre permet une nouvelle approche de l’élaboration des pièces, de leur mise en scène et de leur portée critique.

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Introduction

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de Hugo von Hofmannsthal aux Ferdinand Raimunds Lebensdokumente3 (1920) est significative à cet égard. Hofmannsthal voit en Raimund une symbiose spontanée entre la vie et l’œuvre, entre l’œuvre et le contexte : il serait « le fruit » qu’« un ←19 | 20→tout social [produit] nécessairement et, pour ainsi dire, sans peine4 », à certains moments privilégiés de l’histoire.

Il y a quelque chose de végétatif dans sa production comme dans toute son existence5.

Raimund n’a certainement écrit aucune scène qui ne provienne d’une vision réelle6.

La « merveilleuse unité7 » d’un théâtre populaire aurait été, dans la Vienne de Raimund, une réalité. Les écrivains ne sont pas les seuls à transposer leurs idéaux dans un Biedermeier reconstruit par l’imagination8. Le chercheur autrichien Otto Rommel retrouve, dans le chapitre « Raimund » de son ouvrage consacré au théâtre populaire viennois, Die Alt-Wiener Volkskomödie (1952), la « merveilleuse unité » évoquée par Hofmannstahl : contrairement à ses prédécesseurs, Raimund n’aurait pas seulement été un homme de théâtre, mais « un véritable, un ←20 | 21→authentique poète9 ». On ne peut, selon Rommel, l’estimer à sa juste valeur qu’en « s’efforçant d’envisager toute l’œuvre comme une unité10 ».

Son âme souffrante se libérait dans des visions grandioses, que nous ne devons pas dénigrer en les regardant comme des « bizarreries », mais admirer en tant que révélations ultimes, suprêmes de l’imagination créatrice baroque11.

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