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Ferdinand Raimund et le renouvellement de la féerie viennoise

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Fanny Platelle

L’ouvrage étudie la manière dont Ferdinand Raimund (1790-1836) reprend et transforme les conventions de la féerie viennoise, dans le théâtre populaire viennois marqué par de fortes contraintes institutionnelles et dramaturgiques. Il analyse les changements concernant la conception des pièces (recherche d’une alliance adéquate du sérieux et du comique), l’univers surnaturel (reflet des idéaux humains et de leur ébranlement) et le personnage comique (qui devient un modèle moral). Il évalue enfin la réception de ce théâtre et son caractère « populaire ». La prise en compte des manuscrits autographes et la comparaison avec ceux de censure et de théâtre permet une nouvelle approche de l’élaboration des pièces, de leur mise en scène et de leur portée critique.

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Première Partie Thématique, Structure et Fonction Des Pièces : Du Divertissement à La Portée Morale et L’intention Sérieuse

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« Cependant, ne crois pas que, parce que je sers Jocus,

Le sérieux est absent de mon cœur viril […] »

Ferdinand Raimund, Salutation et adieu142

Les féeries de Ferdinand Raimund sont héritières des différentes formes de ce genre au XVIIIe et au début du XIXe siècle. Bien qu’il soit difficile de distinguer et de définir précisément les genres du théâtre populaire viennois en raison de leurs contours flous, de leur évolution et de leur interpénétration constantes, l’introduction s’efforcera de retracer la constitution de la féerie (Zauberspiel), d’en présenter les différentes formes et les principales caractéristiques.

La Zauberburleske, la « bernardoniade » et la comédie à machines sont des genres précurseurs de la féerie. Dans la Zauberburleske (comédie à machines improvisée) baroque, l’homme est le jouet des puissances métaphysiques qui régissent le monde143. Malgré le développement de l’aspect théâtral et technique, la dimension métaphysique est longtemps conservée. Plus encore que la Burleske (farce improvisée), ce type de pièces est visé par la critique rationaliste. Sonnenfels écrit en 1769 :

Les machines, les feux d’artifice, les arias, les transformations, les engins volants étaient les ingrédients des pièces avec Bernardon, dont le goût a laissé jusqu’à aujourd’hui dans la bouche de beaucoup une douceur sucrée qui rend désireux de retrouver cette saveur exquise144.

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