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Ferdinand Raimund et le renouvellement de la féerie viennoise

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Fanny Platelle

L’ouvrage étudie la manière dont Ferdinand Raimund (1790-1836) reprend et transforme les conventions de la féerie viennoise, dans le théâtre populaire viennois marqué par de fortes contraintes institutionnelles et dramaturgiques. Il analyse les changements concernant la conception des pièces (recherche d’une alliance adéquate du sérieux et du comique), l’univers surnaturel (reflet des idéaux humains et de leur ébranlement) et le personnage comique (qui devient un modèle moral). Il évalue enfin la réception de ce théâtre et son caractère « populaire ». La prise en compte des manuscrits autographes et la comparaison avec ceux de censure et de théâtre permet une nouvelle approche de l’élaboration des pièces, de leur mise en scène et de leur portée critique.

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Chapitre 1 Les Féeries Parodiques : Der Barometermacher Auf Der Zauberinsel (1823) Et Der Diamant Des Geisterkönigs (1824)

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Jusqu’en 1823, Raimund mène une carrière d’acteur et de metteur en scène (à partir de 1821). Dès le début des années 1820, il est insatisfait des pièces que lui écrivent les auteurs dramatiques du Theater in der Leopoldstadt. Carl Ludwig Costenoble écrit le 27 décembre 1823 dans son journal :

L’ami Raimund se plaignait souvent des difficultés qu’il avait avec les poètes locaux, avant de pouvoir porter à la scène l’une de leurs médiocres pièces. – « Il y a d’abord », disait Raimund, « cet âne, mon beau-père, Gleich, et puis le fonctionnaire Meisl ; les gars me donnent à lire leurs âneries et je dois me farcir deux actes avant de pouvoir utiliser la moitié d’un de leurs navets. Et quand leur pâté est prêt, je dois d’abord le remplir avec mes ingrédients pour qu’il soit mangeable. Cela m’est arrivé avec le Fantôme du bastion, avec Aigle, poisson et ours, avec les Trois souhaits et avec toutes les autres comédies locales. C’est vraiment une misère166 !

Aussi Raimund enrichit-il les pièces dans lesquelles il joue par des « histoires, des jeux de mots, des énigmes etc. qu’il emprunte au quotidien et mêle à ses rôles167 ». Cependant, lorsque Costenoble lui conseille d’écrire lui-même, il répond avec amertume: « Est-ce que j’ai pas assez d’ennemis comme ça. Est-ce que j’dois encore en plus me mettre à dos nos auteurs168 ? »

Pour la repr...

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