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Polyphonie parisienne et architecture au temps de l’art gothique (1140–1240)

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Pascale Duhamel

Qui n’a pas, à l’écoute d’un organum parisien, établi un rapport avec l’architecture des cathédrales gothiques, ou rencontré une telle comparaison dans un ouvrage traitant de musique ou d’histoire de l’art ? Ces rapports résultent de deux faits : d’une part, un remarquable parallélisme entre les événements marquants de la polyphonie parisienne et de l’architecture gothique, et d’autre part, la propension actuelle à percevoir de façon spontanée cette analogie. Cet ouvrage propose donc un nouvel examen de ce parallélisme historique en tenant compte de la perception actuelle, et en se basant sur les caractères concrets de l’architecture des cathédrales gothiques, de la polyphonie de Notre-Dame et du contexte culturel et intellectuel de l’époque. Basées sur la pensée scolastique, les analyses des compositions polyphoniques et des cathédrales gothiques d’Ile-de-France font ressortir des structures qui expliquent enfin que l’on perçoive entre ces œuvres des liens organiques et esthétiques. Cet ouvrage propose un parcours inédit d’éléments historiques concrets vers l’organisation et la perception de créations centrales de l’art médiéval.

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1. Contextes 13

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13 1. Contextes 1.1 Contexte historique La création des cathédrales gothiques et de la polyphonie du Magnus liber organi, a eu lieu au cœur d’une société qui se reconstruisait après une période difficile.1 En effet, le déclin de l’ordre carolingien avait en- traîné une désorganisation importante des pouvoirs publics. Cette si- tuation avait poussé les pouvoirs provinciaux et ensuite régionaux à occuper le vide institutionnel et à en profiter. Puisque le pouvoir se fondait essentiellement sur la propriété foncière, une des grandes con- séquences fut le morcellement du territoire. Ce processus s’est déroulé entre le Xe et le XIe siècle. À partir du milieu du XIe siècle, l’organisation seigneuriale s’est stabilisée et est devenue la nouvelle forme du pouvoir social reposant sur un échange de terres, de devoirs et de produits économiques. Dès lors, les seigneurs et princes ont constamment exigé une plus grande production pour des services comparables. Le pouvoir féodal s’est trans- formé graduellement en une source de revenus. Durant la période de morcellement, la royauté n’avait conservé que son titre, sa prééminence symbolique et le cœur de ses domaines fonciers. Dès le milieu du XIIe siècle, voyant qu’une mainmise sur des terri- toires devenait une réelle source de pouvoir et de richesses, la royauté a entrepris de réaffirmer sa suzeraineté en reprenant à son compte le maxi- mum des pouvoirs régionaux. À son tour et...

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