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Nerval. Recherche de l’autre et conquête de soi

Contribution au suivi d’une genèse du "Voyage en Orient</I>

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Aki Taguchi

Le lecteur des huit cents pages du Voyage en Orient de Gérard de Nerval peut difficilement concevoir les étapes de la constitution de ce riche et long récit. Initialement publié dans divers périodiques entre 1840 et 1850, puis « reconstruit » en 1851, l’ouvrage comporte nombre de variantes. Dans les publications antérieures à 1850, Nerval n’a pas donné immédiatement à ses chroniques tout le sens de la version finale. La critique nervalienne a donc souvent pu souligner la nécessité d’une recherche approfondie sur ces variantes. Cette étude tente de combler cette lacune en proposant au lecteur de scruter pas à pas l’élaboration d’une des plus belles invitations au voyage qui soit. En mettant à jour les étapes de la transformation du Voyage en Orient de feuilletons en livre, des variantes des premiers jets aux recompositions ultérieures, l’auteur de cette étude décèle et déploie, sur les traces du voyageur, la naissance progressive de l’écrivain, tout en dégageant la logique interne qui a déterminé son texte définitif.

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Chapitre II : Trajets d’Europe 53

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53 Chapitre II Trajets d’Europe Dans la version définitive, Nerval met l’accent principalement sur les objets à dimension subjective, avec, pour but explicite, de mettre en scène activités, mouvement et regard du héros-narrateur. Mais au stade du feuilleton, il s’en tient plutôt aux objets matériels qu’il rencontre. Examinons maintenant les choses décrites dans les feuilletons nervaliens. Nous avons observé que, chez Nerval, la description du paysage n’est pas son principal centre d’intérêt, et que c’est bien par les « sensations d’un voyageur enthousiaste » qui cherchent à transmettre les imprévus d’un plaisir ou une déception qu’il a éprouvés. Les moyens de transport Quand Nerval cite le Voyage à Saint-Cloud par terre et par mer dans la variante du Voyage en Orient, comme nous l’avons vu, il est question de la vieille manière de voyager « comme autrefois » et des dangers que le voyageur pouvait alors courir. Cette œuvre était citée dans la lettre de Bade parue dans le Messager le 26 octobre 1838 : Nous sommes bien hardis de parler de voyage, nous autres Parisiens craintifs, qui flânons tout au plus sur un rayon de deux cents lieues ; autant vaudrait recommencer encore le Voyage à Saint-Cloud par terre et par mer, ce beau chef-d’œuvre humo- ristique du temps passé, dont l’auteur n’avait pas prévu que ce même trajet pourrait un jour s’accomplir par fer, d’une façon non moins périlleuse1. Dans les années 1830-1840, le chemin de fer...

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