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Nerval. Recherche de l’autre et conquête de soi

Contribution au suivi d’une genèse du "Voyage en Orient</I>

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Aki Taguchi

Le lecteur des huit cents pages du Voyage en Orient de Gérard de Nerval peut difficilement concevoir les étapes de la constitution de ce riche et long récit. Initialement publié dans divers périodiques entre 1840 et 1850, puis « reconstruit » en 1851, l’ouvrage comporte nombre de variantes. Dans les publications antérieures à 1850, Nerval n’a pas donné immédiatement à ses chroniques tout le sens de la version finale. La critique nervalienne a donc souvent pu souligner la nécessité d’une recherche approfondie sur ces variantes. Cette étude tente de combler cette lacune en proposant au lecteur de scruter pas à pas l’élaboration d’une des plus belles invitations au voyage qui soit. En mettant à jour les étapes de la transformation du Voyage en Orient de feuilletons en livre, des variantes des premiers jets aux recompositions ultérieures, l’auteur de cette étude décèle et déploie, sur les traces du voyageur, la naissance progressive de l’écrivain, tout en dégageant la logique interne qui a déterminé son texte définitif.

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* Le moi archéologue

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145 Nerval affirme que Polyphile adore donc les dieux du paganisme mys- tique, à la différence de Nodier, qui occultait le paganisme de Francesco. Nerval écrit : « Imitant les chastes amours des croyants de Vénus-Ura- nie, ils se promirent de vivre séparés pendant la vie pour être unis après la mort, et, chose bizarre, ce fut sous les formes de la foi chrétienne qu’ils accomplirent ce vœu païen62 ». En outre, la présence « des Cabires et des Dactyles63 » donne cette dimension surnaturelle du paysage au récit sur « Le Songe de Polyphile », à l’aide d’une note insérée par Ner- val lui-même qui tient en un mot : « Faust64 ». Dans le Second Faust, le héros va en effet chercher l’Hélène de la mythologie jusque dans le royaume des Mères, et il se transporte aux rives du Pénéios (le Pénée, fleuve de Thessalie). Mais les Dactyles et les Cabires figurant dans la « Nuit de Walpurgis classique » n’avaient pas été mentionnés par Nerval quand il avait publié l’analyse du Second Faust en 1840. Selon le com- mentateur de l’édition de la Pléiade, il est fort probable que ces noms de divinité ont pour source à la fois la longue note sur les « kabires » de Blaze de Bury, la Symbolique de Creuzer-Guigniaut et Hérodote65. La visée du récit est de rendre la cérémonie religieuse en cérémonie d’amour. Dans ces chapitres,...

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